République démocratique du Congo
Goma, symbole vivant de la résilience et de la culture dans l’est de la République démocratique du Congo, sera privée cette année de son festival emblématique. Face à l’insécurité persistante dans la région, le Festival Amani est contraint de quitter sa ville d’origine. Pour sa 11e édition, l’événement se tiendra exceptionnellement à Lubumbashi du 10 au 12 avril 2026.
Pour Augustin Mosange, directeur du foyer culturel de Goma, la délocalisation était inévitable. « On est conscient qu'il y a plusieurs contraintes que le festival rencontrerait en venant s’organiser à Goma, notamment les annulations des artistes qui ne peuvent pas se déplacer pour venir dans une zone qui n’est pas sous contrôle de Kinshasa. Donc, nous pensons que c’est parmi les raisons pour lesquelles le festival est délocalisé », explique-t-il.
Depuis sa création en 2014, le Festival Amani s’est imposé comme un symbole fort du vivre-ensemble et de la paix dans une région marquée par des décennies de conflits armés. Au-delà des projecteurs et des milliers de festivaliers qu’il attire chaque année, le festival incarne l’engagement d’une jeunesse déterminée à faire triompher la paix sur la guerre. Cette année, son absence à Goma laisse un goût amer.
Francisca Dev, habitante de Goma, confie sa déception : « J’avoue que j’ai été triste, parce qu’on a l’habitude d’organiser ce grand festival qui réunit encore la population de Goma, qui redonne le sourire à certaines personnes... et voilà, ça a été dur. »
Pour David Kas, également habitant de la ville, la délocalisation, bien que décevante, reste compréhensible : « C’est une déception, certes, mais on sait que c’est aussi une façon pour ce festival de survivre malgré les insécurités qui se vivent ici à l’est du pays. »
Depuis janvier 2025, Goma vit sous le contrôle des combattants de l’AFC-M23. Malgré le fracas des armes, la culture refuse de se taire. Le foyer culturel de Goma, à travers le Festival Amani, maintient son engagement pour la paix et offre une tribune aux artistes engagés. Pour Pinochet Kasay, musicien et participant régulier du festival, la musique est plus qu’un art : elle est un acte de résistance.
« Il y a des messages de paix qui se préparent au niveau local et moi je sais que beaucoup d’artistes qui sont là vont toujours donner de la force à ce festival. Déjà, ce festival, avec ses objectifs et ses valeurs, je pense qu’on ne manquera pas à donner le message de paix, parce que ça concerne tout le pays, pas seulement le Nord-Kivu », explique-t-il.
Le Festival Amani continue donc de célébrer la paix et le vivre-ensemble. Chaque année, il réunit des artistes de Goma, d’Afrique et d’ailleurs, attirant plusieurs milliers de spectateurs. Malgré la délocalisation, l’esprit du festival reste intact : promouvoir la culture comme levier de paix et d’espoir dans une région où la guerre a trop longtemps tenté de faire taire les voix de la jeunesse.
Cette 11e édition à Lubumbashi sera l’occasion de rappeler que, même dans l’adversité, la musique et la culture demeurent des ponts vers la réconciliation et la cohésion sociale. Malaika Élysée.
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