Zimbabwe
Au Zimbabwe, l’annonce de réformes constitutionnelles visant à prolonger le mandat du président Emmerson Mnangagwa suscite une vive polémique.
Le cabinet a récemment validé des amendements qui pourraient permettre au chef de l’État, 83 ans, de rester au pouvoir jusqu’en 2030.
Le texte prévoit notamment d’allonger le mandat présidentiel de cinq à sept ans et de confier l’élection du président au Parlement plutôt qu’au suffrage universel direct. Pour l’opposition, ces changements remettent en cause la Constitution adoptée en 2013, qui limite le président à deux mandats.
L’avocat et ancien ministre Tendai Biti dénonce ces amendements comme « illégaux et inconstitutionnels » et rappelle que toute modification de la limitation des mandats devrait être soumise à un référendum national. « Les Zimbabwéens ont le droit de faire pression sur le régime et de saisir les tribunaux », ajoute-t-il.
Dans la rue, les citoyens expriment également leur inquiétude. Augustine Kaswaurere estime qu’« un président ne devrait pas gouverner longtemps. Il n’est pas normal qu’un président reste en fonction pendant 40 ans alors que nous sommes en crise ».
Mnangagwa, arrivé au pouvoir en 2017 après la chute de Robert Mugabe, défend son « programme 2030 », présenté comme un moyen d’assurer la stabilité politique et la continuité des politiques publiques.
Mais dans un pays frappé par l’inflation, le chômage et les accusations de corruption, la contestation pourrait s’intensifier si le projet est adopté sans référendum, laissant craindre de nouvelles tensions politiques.
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