Guerre en Ukraine
Selon plusieurs enquêtes récentes, dont celle de l’AFP, des centaines d’hommes, souvent sans aucune expérience militaire, ont été attirés en Russie avec des propositions de salaires considérables pour le Kenya, allant de 920 à 2 400 euros par mois, avant d’être contraints, dès leur arrivée, de signer des contrats militaires rédigés en cyrillique et incompréhensibles pour eux. Ces engagements forcés les ont précipités sur le front ukrainien, où beaucoup ont trouvé la mort.
« Il semble qu’il y ait un schéma consistant à attirer des gens et à les faire mourir », a déploré Abraham Korir Sing’Oei, numéro deux du ministère kényan des Affaires étrangères. Il a dénoncé un « programme intentionnel visant à recruter de manière illégale des personnes d’ascendance africaine et à en faire des combattants ».
Les témoignages recueillis par l’AFP auprès de quatre Kényans revenus de Russie sont accablants. Trois d’entre eux ont été blessés et décrivent la traversée d’un champ jonché de cadavres, où la quasi-totalité de leur unité, composée de ressortissants africains, a été anéantie en quelques minutes sous le feu de drones ukrainiens.
Face à cette tragédie, le Kenya a estimé en décembre que près de 200 de ses citoyens avaient été enrôlés de force, un chiffre probablement sous-évalué. À ce jour, 27 Kényans ont pu être rapatriés, certains ayant été contraints de manipuler des drones ou des produits chimiques dangereux sans formation ni protection adéquates. Musalia Mudavadi a annoncé qu’il se rendrait à Moscou en mars pour « souligner qu’il est impératif d’enrayer ce phénomène » et assurer le suivi des Kényans hospitalisés ou détenus en Ukraine.
Cette affaire s’inscrit dans un contexte plus large : Kiev a recensé en novembre au moins 1 436 citoyens de 36 pays africains parmi les forces russes. L’Afrique du Sud connaît une situation similaire. Le président Cyril Ramaphosa a discuté mardi avec Vladimir Poutine du rapatriement de Sud-Africains dupés et envoyés sur le front, après que 17 ressortissants ont sollicité de l’aide pour échapper à leur engagement forcé. La fille de l’ex-président sud-africain Jacob Zuma a été accusée d’avoir participé au recrutement de ces mercenaires et a démissionné du parlement.
Pour Nairobi, la manipulation et l’exploitation de citoyens africains dans un conflit étranger sont «douloureuses, perturbantes et choquantes », et à l’ère moderne, tout simplement inacceptables.
Le Kenya entend, par sa diplomatie et ses démarches auprès de Moscou, protéger ses ressortissants et mettre fin à ce cycle de tromperie et de mort.
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