Egypte
Le président égyptien Abdel Fattah al-Sissi a accueilli favorablement l’offre de médiation formulée par le président américain Donald Trump concernant le Grand barrage de la Renaissance éthiopienne (GERD). Ce projet hydraulique, au cœur de vives tensions depuis plus d’une décennie, cristallise les inquiétudes de l’Égypte, dont l’approvisionnement en eau dépend presque entièrement du Nil.
Vendredi, Donald Trump s’était déclaré disposé à reprendre un rôle d’intermédiaire entre Le Caire et Addis-Abbeba, affirmant sa volonté de contribuer à une sortie de crise sur un dossier que l’Égypte considère comme une question de sécurité nationale. Dans un message publié sur le réseau X, Abdel Fattah al-Sissi a souligné l’« importance vitale » du Nil pour son pays et réaffirmé sa disposition à coopérer avec les États riverains du fleuve, à condition que les intérêts de chacun soient préservés.
Inauguré le 9 septembre dernier, le GERD est présenté comme le plus vaste barrage d’Afrique. Long de 1,8 kilomètre et culminant à 145 mètres de hauteur, il est destiné à transformer le paysage énergétique éthiopien en doublant la production d’électricité nationale. Cet enjeu est crucial pour l’Éthiopie, deuxième pays le plus peuplé du continent, où près d’un habitant sur deux reste privé d’accès à l’électricité.
Toutefois, l’Égypte, située en aval, redoute que la mise en service et le remplissage du barrage n’entraînent une réduction durable des volumes d’eau disponibles, mettant en péril son agriculture et ses ressources hydriques. L’ouvrage, construit dans l’ouest de l’Éthiopie, retient une partie des eaux du Nil Bleu, principal affluent du fleuve, avant leur passage au Soudan puis en Égypte jusqu’à la Méditerranée.
Le Soudan a également réagi favorablement à l’initiative américaine. Son dirigeant de facto, le général Abdel Fattah al-Burhane, a appelé à des solutions « durables et satisfaisantes » garantissant les droits des trois pays concernés.
Depuis une dizaine d’années, de nombreuses tentatives de médiation, menées notamment par les États-Unis, la Banque mondiale, la Russie, les Emirats arabes unis et l'Union africaine, se sont soldées par des échecs. Dans une lettre adressée à son homologue égyptien, Donald Trump a toutefois évoqué la possibilité d’un compromis équilibré, combinant des garanties sur l’approvisionnement en eau pour l’Égypte et le Soudan et des retombées économiques pour l’Éthiopie, notamment par la vente ou la fourniture d’électricité aux pays en aval.
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