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Ouganda : l’opposition prépare la résistance avant une élection verrouillée

Le candidat présidentiel de l'opposition ougandaise Robert Kyagulanyi Ssentamu, connu sous le nom de Bobi Wine, à Mukono, en Ouganda, le 9 janvier 2026.   -  
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AP Photo/Hajarah Nalwadda

Ouganda

À l’approche du scrutin présidentiel prévu jeudi, l’opposition ougandaise se mobilise dans un contexte marqué par la peur et la répression.

Robert Kyagulanyi Ssentamu, candidat de la Plateforme pour l’Unité Nationale (NUP), plus connu sous le nom de Bobi Wine, a organisé des cérémonies de prière pour les prisonniers politiques, rappelant les conditions difficiles des opposants au régime.

Winnie Byanyima, épouse de Kizza Besigye, figure emblématique de l’opposition emprisonnée, décrit un système verrouillé et militarisé : « Nous n'avons qu'une mince couche de vernis qui donne l’illusion d’une démocratie. En réalité, l’Ouganda est un État militarisé, où toutes les institutions sont contrôlées par celui qui détient le pouvoir militaire, le président Museveni.. » Elle met également en garde sur l’effet de cette répression sur la population : « Les gens auront peur et resteront chez eux, pas parce qu’ils soutiennent le régime, mais parce qu’ils ne veulent pas être tués. »

Dans ce climat, les symboles pacifiques deviennent essentiels. Le drapeau national ougandais, créé lors de l’indépendance en 1962, est devenu l’emblème central de la résistance. Ses bandes noires représentent l’Afrique, les jaunes le soleil et les rouges la fraternité africaine, surmontées d’une grue royale. Pour les militants de Bobi Wine, confrontés à l’intimidation policière, le drapeau est « la seule arme » pour montrer leur soutien au NUP. Conrad Olwenyi, menuisier de 31 ans, explique : « Nous ne pouvons pas nous battre contre les forces de sécurité, car elles ont des armes. Nous n’avons que le drapeau. »

Lors des élections de 2021, le NUP avait adopté le béret rouge comme symbole, rapidement interdit par le gouvernement au prétexte qu’il faisait partie de l’uniforme militaire. Le drapeau national est alors devenu une alternative pacifique, permettant à l’opposition de se réapproprier le patriotisme et de résister à la répression. Ruth Excellent Mirembe, 25 ans, participant à un rassemblement, dénonce : « Chercher à en interdire l’usage, c’est l’oppression à son paroxysme. C’est ce qui nous représente en tant qu’Ougandais. »

Le président sortant, Yoweri Museveni, âgé de 81 ans, semble assuré de remporter un septième mandat consécutif, grâce à son contrôle quasi total de l’appareil d’État et des institutions publiques. Dans ce contexte, les symboles pacifiques de contestation prennent une importance particulière.

Après plus de quarante ans de règne consécutifs de Museveni, la liberté d’expression et la participation politique sont fortement limitées. Entre intimidations, détentions arbitraires et violences policières, les drapeaux brandis lors des rassemblements et les prières pour les prisonniers représentent pour l’opposition les seuls instruments de visibilité et de résistance pacifique.

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