Somalie
Mogadiscio rompt ses relations de coopération avec Abou Dhabi, invoquant des atteintes à sa souveraineté et à son intégrité territoriale, dans un contexte de fortes tensions en mer Rouge.
Le gouvernement somalien a annoncé, lundi, l’annulation de l’ensemble de ses accords avec les Émirats arabes unis. Cette décision concerne aussi bien les coopérations militaires et sécuritaires que les partenariats économiques et portuaires à travers le pays.
La mesure s’applique à tous les accords conclus avec des institutions émiraties, leurs entités affiliées ainsi qu’avec les administrations régionales somaliennes.
La décision touche plusieurs infrastructures stratégiques, notamment les ports de Berbera, Bosaso et Kismayo, situés le long de la mer Rouge et du golfe d’Aden. Ces ports jouent un rôle central dans le commerce régional et les enjeux de sécurité maritime.
Le Conseil des ministres somalien a également mis fin aux accords bilatéraux de sécurité et de défense avec les Émirats arabes unis. Les autorités de Mogadiscio affirment que cette rupture est motivée par des « preuves sérieuses » d’actions visant à affaiblir la souveraineté, l’unité nationale et l’indépendance politique du pays.
Selon des responsables somaliens, les Émirats arabes unis auraient commencé à retirer leurs forces et équipements militaires de certaines bases, notamment à Bosaso, dans la région du Puntland. Une partie du personnel aurait été évacuée vers l’Éthiopie voisine.
Abou Dhabi n’a pas réagi officiellement à l’annonce.
Le Somaliland au cœur des tensions
Cette décision intervient alors que les relations entre la Somalie et le Somaliland, région séparatiste dotée de son propre gouvernement, sont de plus en plus tendues. Les Émirats arabes unis y entretiennent depuis plusieurs années une présence militaire et économique, notamment à Berbera.
Fin décembre, Israël est devenu le premier pays à reconnaître officiellement le Somaliland, renforçant les inquiétudes de Mogadiscio sur une possible remise en cause de l’intégrité territoriale somalienne.
À Berbera, le port est exploité en partie par DP World, le géant émirati de la logistique maritime, aux côtés du gouvernement du Somaliland et d’investisseurs britanniques. Les infrastructures portuaires et militaires y ont été considérablement développées ces dernières années.
Un tournant diplomatique majeur
Sur les réseaux sociaux, plusieurs figures politiques et journalistes somaliens ont salué la décision du gouvernement, la qualifiant de défense nécessaire de la souveraineté nationale. À l’inverse, des responsables du Somaliland ont dénoncé une décision « sans effet » sur leurs relations avec Abou Dhabi.
Cette rupture marque un tournant diplomatique majeur pour la Somalie, à un moment où la mer Rouge et le golfe d’Aden sont devenus des zones stratégiques de premier plan, au cœur des rivalités régionales et internationales.
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