Tunisie
Environ 600 migrants récupérés par l’ONG Croissant Rouge Tunisien, à la frontière entre la Tunisie et la Libye sont désormais à l’abri mais des centaines d’entre eux sont restés bloqué dans cette zone désertique, et près de la frontière algérienne.
Le 3 juillet dernier, les affrontements entre tunisiens et migrants dans la ville côtière de Sfax, ayant ôté la vie d’un habitant se sont soldés par une forte discrimination à l’égard des migrants sub-sahariens, chassés vers des zones inhospitalières sans eau ni nourriture.
"Nous avons passé sept jours dans le désert entre la Tunisie et la Libye. C'était très dur pour nous, vraiment, parce que nous avons beaucoup souffert d'être dans le désert pendant sept jours, sans nourriture ni eau," explique Mohamed, migrant originaire du Nigéria.
Sur les réseaux sociaux, plusieurs appels, contenant des insultes racistes, à attaquer les migrants prolifèrent.
Certains habitants de Sfax accusent ces derniers d’actes "immoraux", notamment de vols et d’abus.
"Nous ne sommes pas des voleurs, nous sommes des migrants. Nous ne sommes pas des tueurs, nous sommes des migrants. Nous cherchons juste à nous construire une bonne vie. Nous ne sommes pas des criminels. Nous ne sommes pas des voleurs," déplore Mohamed.
Selon le Croissant Rouge tunisien, les migrants sont hébergés à Médenine, à Tataouine et Ben Guerdane, le temps de préparer d'autres centres permettant une prise en charge plus étroite avec l'aide des organismes internationaux.
"Nous essayons évidemment de les rassurer, car lorsqu'ils sont en contact avec les volontaires et les équipes du Croissant-Rouge, ce soutien psychologique les aide à reprendre confiance. Et nous essayons de leur dire que nous comprenons leur panique, mais que ce n'est pas la meilleure solution de quitter l'endroit où ils se trouvaient," explique Abdellatif Chabou, président du Croissant Rouge tunisien.
La ville de Sfax, au centre-est, est le principal point de départ en Tunisie pour l’immigration clandestine vers l’Europe.
Sa forte population sub-saharienne est en proie à un discours de plus en plus ouvertement xénophobe depuis que le président Kais Saied, a pourfendu en février l'immigration clandestine, la présentant comme principale source de criminalité et une menace démographique.
Jusqu'à présent aucun representant africain ne s'est exprimé sur la situation.
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