Libye
Un changement majeur à la tête des institutions libyennes. Le président du Parlement, Agila Saleh, a été destitué mardi après douze années passées à la tête de cette institution. Les députés ont voté son remplacement par Al-Salhin Abdelnabi al-Obeidi, selon le porte-parole du Parlement.
Cette décision intervient dans un contexte de profondes divisions politiques en Libye, pays plongé dans l'instabilité depuis la chute de Mouammar Kadhafi en 2011. Le pays reste partagé entre le gouvernement de Tripoli, reconnu par les Nations unies et dirigé par le Premier ministre Abdulhamid Dbeibah, et une administration rivale installée dans l'Est, soutenue par le maréchal Khalifa Haftar.
Agila Saleh, 82 ans, était depuis longtemps considéré comme un allié fidèle de l'homme fort de l'Est libyen. Il avait notamment contribué à maintenir l'influence du camp de Haftar au sein du Parlement, installé à Benghazi.
Mais ces derniers mois, son poids politique semblait diminuer face à la montée en puissance des fils de Khalifa Haftar, en particulier Saddam Haftar, qui cherche à renforcer son contrôle sur les décisions politiques et militaires dans l'Est du pays.
Pour Emadeddin Badi, analyste à Chatham House, cette destitution pourrait être le signe d'une « centralisation de la prise de décision » autour du clan Haftar.
Le départ d'Agila Saleh intervient alors qu'une initiative américaine visant à relancer le processus politique et à réunifier les institutions libyennes est en discussion. Un nouveau défi pour un pays toujours marqué par les rivalités entre factions rivales et l'absence d'un pouvoir unifié.
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