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Détroit d’Ormuz : Washington frappe l’Iran après une attaque contre un navire commercial

Un petit bateau à moteur passe devant des navires à l'ancre dans le détroit d'Ormuz, , en Iran, le 17 juin 2026.   -  
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AP Photo

Iran

La crise iranienne connaît une nouvelle phase d’escalade dans le détroit d’Ormuz, axe maritime stratégique pour le commerce mondial des hydrocarbures.

Les États-Unis ont lancé, dimanche matin, une série de frappes contre des positions iraniennes en réponse à une attaque ayant visé un navire commercial dans cette voie maritime essentielle, provoquant un incendie à bord du bâtiment et contraignant son équipage à évacuer.

Le commandement militaire américain au Moyen-Orient, le United States Central Command, a indiqué avoir frappé environ 140 objectifs en Iran, un bilan nettement supérieur aux deux précédentes opérations menées depuis le début du conflit. Les cibles visées comprenaient notamment des sites de lancement de missiles et de drones, des dépôts de munitions, des infrastructures de communication ainsi que plusieurs installations militaires.

Selon Washington, cette opération vise à réduire les capacités iraniennes à menacer les navires civils et les bâtiments commerciaux empruntant librement le détroit d’Ormuz. « Dégrader la capacité de l’Iran à attaquer les marins civils et les navires commerciaux en transit » constitue l’objectif affiché par l’armée américaine, qui accuse Téhéran de mettre en danger un passage maritime d’importance mondiale.

Le détroit d’Ormuz, nouveau point de blocage diplomatique

Le détroit d’Ormuz concentre désormais les enjeux militaires et diplomatiques du conflit. Avant le déclenchement de la guerre, environ un cinquième du pétrole et du gaz naturel échangés à l’échelle mondiale transitait par cette étroite voie maritime située entre l’Iran et la péninsule Arabique. La pression exercée par Téhéran sur cette route stratégique depuis le début des hostilités a provoqué une crise énergétique internationale, avec un baril de pétrole ayant atteint temporairement près de 120 dollars.

Les cours de l’énergie se sont toutefois nettement repliés depuis ces sommets enregistrés en période de forte tension. Mais l’incertitude demeure élevée alors que toute nouvelle perturbation du trafic maritime pourrait raviver les inquiétudes sur l’approvisionnement mondial.

Le détroit est également devenu le principal obstacle à une éventuelle reprise des discussions entre Washington et Téhéran. Les deux pays cherchent depuis plusieurs semaines une issue durable au conflit déclenché le 28 février, mais les affrontements récents compromettent les perspectives d’un accord.

Riposte iranienne contre les alliés arabes des États-Unis

Après les frappes américaines, l’Iran a, selon les premières informations disponibles, répondu par des attaques visant plusieurs États du Golfe alliés de Washington, notamment Bahreïn, le Koweït, le Qatar et les Émirats arabes unis. Ces actions marquent une extension géographique du conflit, qui menace désormais directement les partenaires régionaux des États-Unis.

Cette nouvelle séquence intervient alors que le président américain Donald Trump avait récemment estimé qu’une proposition d’accord intérimaire et de cessez-le-feu dans la guerre avec l’Iran était désormais « dépassée ». Cette déclaration a renforcé les inquiétudes quant à un possible enlisement militaire.

L’échange de frappes dans le Golfe fait ainsi peser un risque accru sur la stabilité régionale. Alors que les voies diplomatiques apparaissent de plus en plus fragiles, le détroit d’Ormuz demeure le théâtre central d’un affrontement où se mêlent enjeux militaires, énergétiques et géopolitiques.