République Centrafricaine
L'ancien président de la République centrafricaine est jugé par contumace pour crimes de guerre et crimes contre l'humanité devant la Cour pénale spéciale de Bangui.
François Bozizé, exilé en Guinée-Bissau, est accusé de meurtres, disparitions forcées, actes de torture et viols présumés commis par les éléments de sa garde républicaine entre février 2009 et mars 2013.
« Le régime de François Bozizé est décrit comme s'étant réduit à un exercice du pouvoir solitaire et paranoïaque. En effet, la politique de répression à l'encontre de toute opposition à son autorité, qu'elle soit supposée ou réelle, s'est encore intensifiée au cours des dernières années de la présidence de François Bozizé », déclare Dieudonné Senego, greffier en chef de la Cour pénale spéciale (CPS).
Ce procès était attendu depuis des années par les collectifs de victimes. Pour beaucoup, il s'agit d'un rendez-vous historique, au carrefour de la politique et du droit, qui vient de s’engager en République centrafricaine.
« Nous espérons que ce procès sera équitable et crédible, et que le verdict satisfera la société civile. Les droits des victimes doivent être respectés et des réparations doivent être accordées. Car s'il est bon que ce procès ait lieu, il est encore mieux qu'il soit suivi de réparations », indique Donatien Aimé Dewo-Bafouga, membre de l'organisation de la société civile « Forum pour les droits de l'homme ».
Bozizé, âgé de 79 ans, s'était emparé du pouvoir lors d'un coup d'État en 2003 avant d'être renversé dix ans plus tard par des rebelles. Mardi, l'ex-dirigeant était représenté à la barre par son avocat à l'ouverture du procès.
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