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La FAO enjoint l'Afrique à investir davantage dans l'aquaculture

Un pêcheur tient un thon albacore qu'il vient de pêcher à Vanga, au Kenya, le 14 juin 2022   -  
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AP Photo/Brian Inganga

Kenya

L’Afrique doit de toute urgence développer son secteur de l’aquaculture pour répondre à ses besoins alimentaires, a déclaré mardi le directeur de la division des pêches de l’ONU, alors qu’un nouveau rapport met en évidence des niveaux de production mondiaux record.

Selon le rapport State of World Fisheries and Aquaculture de l’Organisation des Nations unies pour l’alimentation et l’agriculture (FAO), publié lors de la Conférence Our Ocean au Kenya, le poisson et les produits de la mer représentent désormais un commerce de 184 milliards de dollars.

L’aquaculture, ou élevage de poissons, a dépassé la pêche de capture en 2021 comme principale source de production alimentaire et continue de croître, franchissant pour la première fois le seuil des 100 millions de tonnes en 2024, dernière année pour laquelle des données sont disponibles.

Cependant, l’Afrique reste en retard, avec seulement 18 % de sa production de poisson issue de l’élevage, contre environ la moitié dans le reste du monde. Selon la FAO, la production de poissons en Afrique subsaharienne devra augmenter de 68 % d’ici 2050 afin de suivre la croissance rapide de la population.

« C’est une opportunité à saisir… mais tout dépend de la rapidité avec laquelle on peut répondre à la demande », a déclaré à l’AFP Manuel Barange, directeur de la division des pêches de la FAO. L’aquaculture peut réellement changer la donne », a-t-il ajouté. « Si nous parvenons à développer l’aquaculture en Afrique, de nombreuses opportunités s’ouvriront. »

Mais, selon lui, les gouvernements doivent urgemment mettre en place des réglementations et des incitations afin d’attirer les investisseurs. Plus de 700 espèces de poissons sont aujourd’hui élevées dans le monde, et la FAO estime que l’aquaculture est une approche plus prévisible et durable que la pêche traditionnelle en mer.

Elle serait également plus adaptable face au changement climatique, qui modifie rapidement les volumes et la répartition des stocks marins. Le changement climatique est « un perturbateur de tout ce que nous faisons », a souligné M. Barange.

Le rapport appelle aussi à réduire la surpêche : seulement 62 % des pêcheries mondiales sont aujourd’hui exploitées de manière durable. La 11e édition de la Conférence Our Ocean s’est ouverte mardi dans la ville portuaire kenyane de Mombasa, pour la première fois en Afrique, réunissant responsables politiques, ONG, investisseurs et innovateurs.

Depuis sa création en 2014, l’événement a permis de générer plus de 2 900 engagements représentant plus de 169 milliards de dollars, couvrant la conservation marine, la pêche durable, l’adaptation au climat, la sécurité et la lutte contre la pollution.

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