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L'Éthiopie accuse les forces tigréennes de préparer une offensive

Le président érythréen Isaias Afwerki, au premier est accueilli par le Premier ministre éthiopien Abiy Ahmed en Éthiopie, 14 juillet 2018.   -  
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Ethiopie

L’Éthiopie a alerté jeudi sur un risque imminent de reprise des hostilités dans le nord du pays.

Selon le gouvernement fédéral, les forces du Front populaire de libération du Tigré (TPLF) se prépareraient à lancer une offensive contre Addis-Abeba dans les prochains jours, avec le soutien de l’Érythrée, un allié historique du mouvement. Cette annonce ravive les craintes d’un retour à la guerre civile, après un conflit de deux ans (2020-2022) ayant fait environ 600 000 morts, selon les estimations de l’Union africaine.

La guerre s’était terminée par un cessez-le-feu précaire en 2022, mais les tensions n’ont jamais vraiment cessé. Fin 2025, des affrontements directs entre les forces tigréennes et l’armée fédérale ont éclaté pour la première fois depuis la signature de l’accord, marquant une escalade inquiétante.

Dans une tribune publié sur Al Jazeera, le ministre éthiopien des Affaires est-africaines, Getachew Reda, et le chef des services de renseignement, Redwan Hussein, accusent le TPLF de vouloir « déclencher un nouveau conflit » avec l’aide de l’Érythrée. « Il est impératif que tous ceux qui ont une influence sur le TPLF et ses protecteurs à Asmara [capitale érythréenne] exercent une pression maximale pour éviter une reprise des hostilités », écrivent-ils. « Une reprise des combats aurait des conséquences régionales désastreuses. »

Le TPLF, qui n’a pas encore réagi aux accusations, a toujours nié toute collaboration avec Asmara, bien que le gouvernement fédéral l’ait à plusieurs reprises accusé de soutien logistique et militaire.

Des réunions secrètes et des accusations croisées

Selon les autorités éthiopiennes, des rencontres entre Érythréens et membres du TPLF auraient eu lieu non seulement à Asmara, mais aussi à Mekelle (capitale du Tigré) et même au Soudan, où une guerre civile fait rage depuis 2023. En mai, l’Éthiopie et le Soudan s’étaient mutuellement accusés de violer leur territoire et de soutenir des groupes armés.

Le TPLF, qui a dirigé l’Éthiopie d’une main de fer pendant près de 30 ans, a perdu son influence nationale après l’arrivée au pouvoir d’Abiy Ahmed en 2018. En 2025, le gouvernement a interdit toute activité politique au parti, mais celui-ci reste omnipotent dans le Tigré, où il dispose de sa propre armée.

Fin avril, le TPLF a rétabli un parlement régional, jugé illégitime par Addis-Abeba. « En violation flagrante de l’accord de paix de 2022, le TPLF a démantelé l’administration intérimaire et mis en place sa propre structure illégale », dénoncent les auteurs de la tribune.

Avant la guerre, le Tigré comptait six millions d’habitants. Le conflit a provoqué le déplacement d’un million de personnes et plongé la région dans une crise économique profonde, les subventions fédérales ayant été supprimées. Par ailleurs, le Tigré a boycotté les élections nationales du 1er juin, que le Premier ministre Abiy Ahmed devrait remporter largement.

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