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Soudan : 2 millions d’habitants sont revenus à Khartoum, une capitale encore sinistrée

Un poste de contrôle désert où se tient un mannequin déguisé en soldat, dans le centre-ville de Khartoum, au Soudan, le 19 avril 2026.   -  
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Soudan

Un an après la reconquête de Khartoum par l’armée soudanaise, la capitale tente de renouer avec une vie quotidienne presque normale, mais la reconstruction demeure largement inachevée.

Sur les quelque cinq millions d’habitants qui avaient fui la ville depuis le déclenchement de la guerre civile en avril 2023, plus de deux millions ont déjà regagné leur domicile, selon des estimations locales. Pourtant, le retour reste précaire dans une métropole où les traces du conflit sont omniprésentes.

Les autorités soudanaises avaient promis une restauration rapide des services publics après la reprise militaire de la capitale face aux Forces de soutien rapide (FSR), le puissant groupe paramilitaire qui avait pris le contrôle de vastes secteurs de Khartoum au début du conflit. Mais la réalité demeure éloignée de ces engagements : de nombreux quartiers restent privés d’électricité, les bâtiments publics sont endommagés et une grande partie des fonctionnaires n’a toujours pas reçu de salaire.

Une capitale divisée entre reprise et abandon

Le retour à une certaine normalité reste très inégal selon les quartiers. Les premiers signes de reprise apparaissent surtout à Omdurman, ville jumelle de Khartoum située sur l’autre rive du Nil Blanc, où l’armée avait conservé une présence plus importante pendant les combats. À l’inverse, le centre de Khartoum et la ville de Bahri, au nord de la capitale, demeurent largement sinistrés.

Les infrastructures énergétiques continuent notamment d’être ciblées par les FSR, qui mènent encore des attaques de drones contre des centrales électriques et des installations militaires autour de la capitale. Ces frappes ralentissent considérablement les efforts de remise en état.

Altayeb Saadeldin, porte-parole du gouvernement de l’État de Khartoum, affirme que ces attaques ont réduit la capacité électrique de la capitale à environ un tiers de son niveau d’avant-guerre. Cette production limitée est répartie afin d’assurer une alimentation d’environ huit heures par jour pour les habitants.

Dans le domaine éducatif, le retour est également difficile. L’Université de Khartoum, située dans l’un des secteurs les plus touchés par les combats, accueille de nouveau des étudiants contraints de reprendre les cours et les examens en présentiel. Ceux-ci ont découvert des amphithéâtres, des laboratoires et des résidences universitaires lourdement endommagés.

Les commerçants appelés à reprendre malgré une économie exsangue

La relance économique constitue également un défi majeur. Les autorités encouragent les petites entreprises à rouvrir leurs portes, notamment dans le Souq al-Arabi, cœur commercial historique de Khartoum, transformé en champ de bataille pendant les affrontements et encore marqué par les destructions ainsi que par la présence de mines terrestres laissées après le retrait des FSR.

Mais les commerçants dénoncent un retour précipité alors que les conditions économiques restent extrêmement difficiles. Si les autorités ont recommencé à percevoir certaines taxes et redevances, beaucoup d’entrepreneurs affirment ne pas disposer des services indispensables à leur activité, notamment l’électricité.

Le gouvernement local reconnaît les difficultés, tout en défendant la nécessité de maintenir les recettes publiques. Altayeb Saadeldin affirme que des délais de paiement peuvent être accordés au cas par cas, mais rappelle que l’administration manque cruellement de moyens pour assurer des services essentiels comme la sécurité ou l’assainissement.

Alors que l’armée contrôle désormais la capitale, Khartoum reste ainsi une ville en transition, suspendue entre retour des habitants et lourds traumatismes de guerre. La reconstruction matérielle et sociale s’annonce longue, tandis que des millions de Soudanais demeurent encore déplacés à travers le pays et à l’étranger.

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