Nigéria
Au Nigéria, le projet de construction de l’ »autoroute Lagos-Calabar » fait débat tant sur le plan environnemental que social. Dans l’État d’Akwa Ibom, l’autoroute traverse la forêt de Stubbs Creek, la plus grande de l’État et une zone protégée abritant des espèces menacées.
Cette réserve forestière devrait générer 3,5 millions de tonnes de CO2, soit environ « 0,6 % des émissions annuelles totales du Nigeria », la route transformera la forêt « d’un puits de carbone majeur en une source importante de carbone ».
« La nouvelle route côtière en construction a détruit beaucoup de cocotiers du côté de l'océan. La route traverse désormais notre plantation de cocotiers. Avant, nous avions des arbres des deux côtés de la route. Nous avions beaucoup de cocotiers du côté de l'océan, ce n'était pas une petite plantation, elle était grande avant. », a expliqué Wasiu Adesanya, cultivateur de cocotiers.
Ce projet d’autoroute inquiète également les mouvements écologistes qui craignent que cet axe de 700 kilomètres s’étendant sur le long du littoral du Nigéria, n’entraine une augmentation des températures puis une élévation du niveau de la mer. Et qu’à son tour, la mer n’érode le littoral le long du golfe de Guinée.
« Avant, le littoral était loin. Depuis qu’ils ont commencé à construire ces nouveaux sites, comme le projet Eko Atlantic près de l’hôtel Eko, tout le remblayage de sable qu’ils ont effectué sur la côte a modifié le niveau de l’eau, entraînant des marées de tempête et des pertes matérielles. », a expliqué Lukman Igara, pêcheur.
Projet phare du président Bola Tinubu, cette nouvelle autoroute, qui doit relier la mégapole de Lagos – au sud-ouest du pays – à la ville de Calabar, près de la frontière avec le Cameroun d'ici 2028, s’étend le long du littoral nigérian.
L'autoroute est censée concrétiser ses promesses de campagne visant à « révolutionner » les transports et à stimuler le tourisme.
« Cette route côtière pourrait être un atout ou un inconvénient. Si l’attitude des responsables est la même que celle adoptée lors de l’exploitation pétrolière dans le delta du Niger, au Nigeria, qui a causé de terribles dégâts environnementaux, alors ce sera très négatif. Mais nous espérons et plaidons pour que ceux qui sont chargés de prendre les décisions concernant cette route se rendent compte que non, nous ferions mieux d’en faire une activité respectueuse de l’environnement. », a déclaré Desmond Majekodunmi, militant écologiste nigérian.
Due au réchauffement climatique, la montée du niveau de la mer représente une menace majeure pour les zones côtières nigérianes, et plusieurs communautés entières ont déjà été englouties par les eaux.
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