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Éthiopie : le chef du TPLF élu à la tête du Parlement du Tigré

Le président régional du Tigré, Debretsion Gebremichael, lors d'une interview à Mekele, dans la région du Tigré, au nord de l'Éthiopie, le 7 juillet 2021   -  
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AP

Ethiopie

Debretsion Gebremichael, le chef du TPLF, le Front de libération du peuple du Tigré, parti dominant dans la région du Tigré, a été élu à la tête d’un parlement local, considéré comme illégitime par Addis-Abeba.

Mardi, le chef du TPLF, Debretsion Gebremichael, a été élu à la tête du parlement rétabli.

Ce parlement local avait été dissous dans le cadre de l’accord de paix signé en novembre 2022. Mais, faute de progrès sur d’autres aspects de l’accord, l’ancienne garde du TPLF a entrepris de rétablir son contrôle sur la région. Une décision qui fait craindre une relance des hostilités avec le gouvernement fédéral.

Les analystes estiment que cela pourrait relancer les hostilités avec le gouvernement fédéral à Addis-Abeba.

"C'est extrêmement inquiétant", a déclaré à l'AFP Kjetil Tronvoll, spécialiste régional à l'Oslo New University College en Norvège, ajoutant qu'il était difficile de savoir si cette initiative déboucherait sur "des négociations ou des affrontements".

"C'est une stratégie visant à semer le trouble pour voir si cela permet au Tigré d'obtenir un statut plus fort dans la négociation de son statut financier et politique au sein de la fédération", a-t-il déclaré.

Bien qu’il reste puissant au niveau régional, le TPLF – qui a effectivement dirigé l’Éthiopie pendant trois décennies – a été interdit en tant que parti politique l’année dernière.

"Ces manœuvres incessantes pourraient facilement déboucher sur un conflit désastreux", a déclaré Abel Abate Demissie, chercheur au think tank Chatham House.

Mardi, le gouvernement éthiopien a accusé l'armée soudanaise d'avoir financé des "mercenaires" du TPLF, une accusation que celle-ci a niée.

Risque d'une reprise des hostilités

Le Front populaire de libération du Tigré (TPLF) a mené une guerre civile brutale contre le gouvernement fédéral entre 2020 et 2022, qui a fait au moins 600 000 morts.

Un accord de paix a conduit le gouvernement fédéral à mettre en place une nouvelle administration intérimaire à la tête du Tigré, écartant les dirigeants du TPLF de l'époque de la guerre.

Mais, face au manque de progrès sur d'autres aspects de l'accord, la vieille garde du TPLF a pris des mesures pour rétablir son contrôle sur la région et a relancer, le mois dernier, le parlement régional qui avait été dissous en vertu de l'accord de paix.

Plusieurs centaines de milliers de personnes sont toujours déplacées au Tigré à la suite de la guerre de 2020-2022 et la région continue de faire face à des difficultés financières après que les autorités ont suspendu les subventions fédérales.

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