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Mali : "la situation est sous contrôle" affirme le président de la transition

Après plusieurs jours de silence, le chef de la junte malienne, Assimi Goïta est réapparu ce mardi 28 avril lors d'une rencontre avec l'ambassadeur de Russie au Mali.   -  
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AP Photo

Mali

Après plusieurs jours de silence, le général Assimi Goïta, président de la transition au Mali est réapparu publiquement ce mardi. Le chef du régime militaire a insisté sur le fait que la situation dans son pays était « sous contrôle » lors de sa première allocution publique.

Les djihadistes et les séparatistes touaregs sont toujours positionnés dans le nord du Mali, trois jours après avoir lancé une vague d'attaques, dans ce que le chef de la junte, Assimi Goita, a reconnu être une situation "d'une extrême gravité".

Assimi Goita n'avait fait aucune apparition publique ni déclaré quoi que ce soit pendant trois jours, alimentant les doutes quant à sa capacité à se maintenir au pouvoir, mais mardi soir — quelques heures après les menaces des djihadistes de bloquer la capitale Bamako — il a prononcé un discours à la nation sur la télévision d'État.

"Au moment où je m'adresse à vous, les dispositifs de sécurité ont été renforcés. La situation est sous contrôle et les opérations de nettoyage, les efforts de recherche, la collecte de renseignements et les mesures de sécurité se poursuivent", a-t-il déclaré.

Il a exhorté la population à "s'opposer à la division et à la fracture nationale", affirmant que ce pays d'Afrique de l'Ouest avait besoin de "clarté, et non de panique".

Plus tôt dans la journée de mardi, son bureau a publié des photos le montrant en compagnie de soldats et de civils blessés, ainsi que de l'ambassadeur de la Russie, un allié clé.

Ces photos étaient les premières images du général Goïta depuis que les rebelles ont lancé samedi, à l'aube, une offensive coordonnée contre des positions stratégiques de la junte, notamment dans les environs de Bamako.

Ces attaques, les plus importantes depuis près de 15 ans, ont vu deux anciens ennemis – les insurgés islamistes et les séparatistes touaregs – unir leurs forces contre la junte militaire et ses soutiens paramilitaires russes.

Au moins 23 personnes ont été tuées au cours de deux jours de combats acharnés, a déclaré mardi une source hospitalière à l'AFP.

Le ministre de la Défense, Sadio Camara, considéré comme le cerveau derrière le ralliement de la junte à la Russie, figurait parmi les victimes.

Les affrontements ont opposé l'armée aux séparatistes touaregs du Front de libération de l'Azawad (FLA) et à leurs alliés au sein du Groupe de soutien à l'islam et aux musulmans (JNIM), un groupe djihadiste lié à Al-Qaïda.

Lors de sa rencontre avec Goïta, l'ambassadeur russe Igor Gromyko "a réaffirmé l'engagement de son pays à se tenir aux côtés du Mali dans la lutte contre le terrorisme", selon le bureau du dirigeant malien.

Retrait militaire

Le ministère russe de la Défense avait précédemment déclaré que les rebelles, qui ont pris la ville stratégique de Kidal dans le nord, en grande partie désertique, étaient en train de "se regrouper".

Mardi, un porte-parole du JNIM a diffusé une vidéo dans laquelle il affirmait que les militants avaient mis en place un blocus "sur toutes les routes menant à Bamako".

Le porte-parole Bina Diarra a déclaré que les personnes souhaitant quitter la capitale seraient autorisées à le faire, "mais qu'il était interdit d'y entrer jusqu'à nouvel ordre".

Il en allait de même pour Kati, a-t-il ajouté, précisant : "Quiconque enfreindra ce blocus... en subira les conséquences."

Les attaques menées près des centres du pouvoir malien ont été considérées par certains analystes comme une manœuvre de diversion visant à s'emparer de Kidal, dans le vaste nord aride du pays.

Ce bastion indépendantiste a été contrôlé pendant des années par des groupes rebelles touaregs avant d’être repris en novembre 2023 lors d’une offensive de l’armée, soutenue par des mercenaires russes issus du prédécesseur de l’Africa Corps, le groupe Wagner.

Les attaques du week-end rappellent une crise qui a secoué le Mali en 2012, lorsque les rebelles touaregs s’étaient alliés aux djihadistes pour s’emparer de centres stratégiques dans le nord.

Cette alliance a fini par se désagréger lorsque les groupes se sont retournés les uns contre les autres et que les djihadistes ont chassé les séparatistes touaregs.

Bien qu'ils aient des objectifs différents, selon les experts, ils sont désormais unis contre un ennemi commun : la junte au pouvoir et ses soutiens paramilitaires russes.

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