Soudan
Vendredi, des fidèles soufis se sont réunis pour pratiquer le zikr à l’intérieur de la mosquée Sheikh GaribAllah, à Omdurman, dans la capitale Khartoum.
Malgré les stigmates de la guerre murs criblés de balles et fenêtres fissurées , ce lieu de culte, ouvert depuis plus d’un siècle, continue de jouer son rôle spirituel et social. Le zikr, une pratique dévotionnelle soufie, consiste en des récitations extatiques des noms d’Allah ou de versets du Coran, accompagnées d’une respiration rythmée et de mouvements physiques. Pour les participants, cette séance était bien plus qu’un acte de foi : un symbole de résilience face à la destruction.
Située en plein cœur des combats entre l’armée soudanaise et les Forces de soutien rapide (RSF), la mosquée a été brièvement fermée en 2025 pour des raisons de sécurité, avant de rouvrir ses portes. « Cette mosquée était un abri, un hôpital, un lieu sûr où les gens venaient se réfugier », raconte Wael Shafiq, responsable des jeunes du lieu. « Pendant la guerre, c’était ici que les habitants se retrouvaient pour prendre des nouvelles les uns des autres », ajoute Mahmud Mirghani Salman, un membre de la communauté.
La guerre, une réalité quotidienne
Le conflit, qui a éclaté en avril 2023 après une lutte de pouvoir entre l’armée et les RSF, entre dans sa quatrième année. Aujourd’hui, le Soudan est divisé en deux zones d’influence : l’armée, qui contrôle Khartoum, le nord, l’est, le centre du pays, ainsi que les ports de la mer Rouge, les raffineries de pétrole et les oléoducs. Les RSF, qui dominent le Darfour et certaines parties du Kordofan, des régions riches en pétrole et en or, frontalières avec le Soudan du Sud.
Selon l’Armed Conflict Location & Event Data Project (ACLED), la guerre a déjà fait au moins 59 000 morts. Mais les organisations humanitaires estiment que le bilan réel est beaucoup plus lourd, en raison des difficultés à recenser les victimes dans un pays en proie au chaos.
Malgré les cicatrices de la guerre, la mosquée Sheikh GaribAllah reste debout, offrant réconfort et espoir à une population épuisée. « Les murs portent les traces des balles, mais ils rappellent aussi que ce lieu a protégé des vies », souligne Wael Shafiq.
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Arrêt sur images du 23 avril 2026