Afrique du Sud
Située dans la province du Cap-Nord, Orania demeure une communauté fermée réservée aux Afrikaners, dont les critères d’admission reposent sur l’origine, la langue, la culture, la religion, l’éthique de travail et l’absence d’antécédents judiciaires.
Fondée en 1991, dans le contexte de la transition post-apartheid, la ville revendique une autonomie sociale et culturelle assumée.
« Orania a très peu d'influence sur la politique du reste du pays. Nous sommes simplement quelques personnes qui veulent se construire un avenir, loin de tout », explique Joost Strydom, porte-parole de la communauté.
La localité enregistre une présence croissante de jeunes adultes, notamment autour des structures de formation et des espaces de sociabilité comme le bar Stokkies. Venus d’autres régions d’Afrique du Sud, certains choisissent de s’y installer pour étudier ou travailler.
C’est le cas de Divan van der Westhuizen, 19 ans, originaire de Johannesburg :
« Ça a été un grand changement pour moi. Je viens d'un endroit où l'on côtoie beaucoup de monde. Ça m’a fait du bien d’être parmi les miens, les Afrikaners. »
Pour Cara Tomlinson, 25 ans, la dimension culturelle et linguistique constitue un élément central :
« À Orania, on peut simplement être soi-même. On peut préserver sa culture et parler sa langue. »
Depuis 2019, Orania s’est dotée d’un établissement de formation technique accueillant environ 250 étudiants issus d’autres régions du pays. Les cursus concernent notamment l’électricité, la plomberie et l’ingénierie civile.
Les autorités locales visent 800 étudiants dans les quatre prochaines années, avec une extension des infrastructures en cours. Toutefois, la majorité des étudiants ne s’y installe pas durablement, le marché de l’emploi local restant limité. La ville la plus proche, Hopetown, compte environ 10.000 habitants et se situe à 40 kilomètres.
L’activité économique repose essentiellement sur les besoins internes : station-service, supérette et petits commerces. Les loisirs des habitants et étudiants se concentrent principalement autour de la pêche sur le fleuve Orange et du motocross.
Orania regroupe une partie des Afrikaners, estimés à environ 2,6 millions sur une population sud-africaine d’environ 62 millions d’habitants. Si elle demeure marginale à l’échelle nationale, la communauté continue d’attirer de nouveaux résidents, notamment des jeunes issus des grandes villes.
Dans un contexte où les débats sur l’identité, la mémoire de l’apartheid et la place des minorités restent sensibles en Afrique du Sud, Orania incarne un modèle communautaire singulier, assumant sa logique de sélection et de préservation culturelle.
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