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Le nombre de condamnations à mort explose en RDC, selon un rapport

Le 10 août 2012, Ibrahim Nsanzimana, un Rwandais de 28 ans, est conduit hors de sa cellule des renseignements militaires congolais à Goma.   -  
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République démocratique du Congo

Le nombre de condamnations à mort prononcées en République démocratique du Congo a explosé depuis la levée du moratoire sur les exécutions en 2024, a alerté mardi un rapport publié par une organisation militante.

En 2024, la RDC a mis fin à un moratoire de facto sur l'application de la peine de mort qui était en vigueur depuis plus de 20 ans — période durant laquelle ces condamnations étaient systématiquement commuées en réclusion à perpétuité.

Les tribunaux ont condamné plus de 480 personnes à mort en 2024, et 344 en 2025 — contre 122 en 2023, selon le rapport établi par l’organisation française « Ensemble contre la peine de mort » et plusieurs ONG congolaises.

« À ce jour, aucune exécution n’a été officiellement confirmée, mais la multiplication des condamnations à mort crée un climat de peur sans précédent », met en garde le rapport.

Le rapport s'appuie sur 11 mois d'enquête menée dans une vingtaine de prisons et de camps de détention par une mission d'investigation composée d'avocats, d'acteurs de la société civile et de parlementaires congolais.

Cette mission a recensé au moins 950 personnes en attente d'exécution au Congo, indique le rapport, contre un peu plus de 500 en 2019, lors de leur dernière enquête.

Le rapport décrit des établissements pénitentiaires surpeuplés et délabrés, où les détenus vivent dans des conditions d’« extrême précarité sanitaire et alimentaire », parfois sans même savoir qu’ils ont été condamnés à mort.

Les condamnations à mort « sont souvent prononcées à l’issue de procès sommaires », écrivent les auteurs.

« Dans de nombreux cas, une assistance juridique effective de la part d’un avocat fait également défaut, et le respect du droit à un procès équitable n’est pas toujours garanti », indique le rapport.

Dans un pays dont le système judiciaire est « opaque » et « sujet à des influences », les voies de recours « s'avèrent inaccessibles à ceux qui n'ont pas d'avocat, de moyens financiers ou de relations à l'extérieur », ajoute le texte.

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