Virus Ebola
Dimanche, des fidèles catholiques se sont réunis pour la messe dans une église de Bunia, dans l’est de la République démocratique du Congo, au cœur d’une épidémie d’Ebola qui se propage rapidement, malgré l’interdiction des rassemblements de plus de 50 personnes.
À l’entrée de l’église, des dispositifs de lavage des mains et de désinfection ont été installés. Le diacre Venasse Ngabo a lui-même distribué du gel hydroalcoolique aux fidèles.
« Nous exigeons le lavage des mains, car nous avons appris qu’une épidémie d’Ebola sévit dans notre ville et qu’elle a déjà coûté la vie à de nombreux frères et sœurs », a-t-il expliqué.
Les restrictions imposées par les autorités sanitaires visent à limiter la propagation du virus, qui s’était déjà diffusé pendant plusieurs semaines sans être détecté avant la confirmation officielle de l’épidémie le 15 mai. Ces mesures incluent notamment l’interdiction des grands rassemblements, des messes et des enterrements. Mais sur place, certains fidèles estiment difficile de se passer de l’église dans ce contexte.
« Nous sommes conscients de la maladie et nous faisons de notre mieux pour nous protéger. Mais nous ne pouvons ignorer la présence de Dieu dans nos vies. C’est pourquoi nous sommes venus prier ici », confie Jacob Ngasha.
D’autres, comme Roland Safari, soutiennent les mesures préventives et adaptent leurs comportements. « Comme vous pouvez le voir, nous portons des masques, il y a des points de lavage ici et là. Nous devons aussi respecter la distanciation sociale », explique-t-il.
Sur le terrain, les autorités sanitaires font face à des résistances. Deux des trois centres de traitement ont été incendiés par des habitants, et les enterrements sécurisés sont désormais organisés sous escorte militaire et policière. Ces funérailles représentent un risque majeur, les corps des victimes d’Ebola étant hautement contagieux.
L’Organisation mondiale de la santé classe désormais le risque pour la RDC comme « très élevé », tout en estimant que le risque de propagation internationale reste faible. Selon le directeur général de l’OMS, Tedros Adhanom Ghebreyesus, 82 cas et sept décès ont été confirmés, mais l’épidémie pourrait être plus importante que les chiffres officiels. Il s’agit d’un variant rare du virus Ebola, contre lequel il n’existe pas encore de vaccin, et qui s’est propagé de manière silencieuse pendant plusieurs semaines dans la province de l’Ituri.
00:36
Ebola : plus de 200 morts en RDC, 10 pays africains placés sous surveillance
01:13
Ébola en RDC : 3 nouveaux cas confirmés en Ouganda
01:52
RDC : enterrements progressifs des victimes du virus Ebola
01:24
Ébola en RDC : l'isolement de cas contacts reste un défi majeur des hôpitaux
00:59
Ebola : l'Ouganda suspend tous les transports publics vers la RDC
01:50
En RDC, les rumeurs ont laissé Ébola prendre de l'ampleur