Liban
Plus de 83 000 personnes ont été contraintes de fuir leur domicile au Liban après les frappes israéliennes visant le sud du pays et les banlieues sud de Beyrouth.
Faute de places dans les centres d’accueil, de nombreuses familles passent désormais leurs nuits dans les rues de la capitale, sur les places publiques, dans leur voiture ou à même le bitume.
La plupart des écoles et des bâtiments réquisitionnés pour accueillir les déplacés sont déjà saturés. Des familles, arrivées précipitamment avec quelques sacs et couvertures, cherchent un abri pour la nuit.
Mohammed Hussein, originaire de la banlieue sud de Beyrouth, dit espérer que les autorités entendront leur détresse. « Nous ne voulons rien, nous voulons juste faire passer le message : tout ce que nous demandons, c’est que quelqu’un nous retire de la rue. Il y a des numéros à appeler pour les abris, et chaque fois que nous appelons, on nous dit qu’ils sont complets. Tout ce que nous demandons au gouvernement, c’est de nous sortir de la rue. »
L’armée israélienne a appelé les habitants de toute la banlieue sud de Beyrouth à évacuer « immédiatement » pour leur survie. Israël mène actuellement une campagne de bombardements massifs sur le Liban, affirmant viser des installations et des positions du Hezbollah. Selon les autorités libanaises, les frappes ont fait au moins 102 morts.
Pour les habitants du sud et des quartiers ciblés de la capitale, l’exode s’est souvent fait dans l’urgence, sans pouvoir emporter leurs biens. Beaucoup racontent avoir quitté leur maison en quelques minutes, cherchant avant tout à mettre leurs proches à l’abri.
Abed Nasser, déplacé venu du sud du Liban, explique que la priorité reste la protection des plus vulnérables.
« Quand nous avons quitté le sud, nous avons tout laissé derrière nous. Les enfants ne comprennent pas ce qui se passe pendant la guerre ; il faut trouver un endroit sûr pour eux, pas pour nous. Nous, les adultes, pouvons nous débrouiller, dormir dehors, sous un escalier ou n’importe où, mais ce n’est pas possible pour les enfants ou les jeunes femmes. Qu’on le veuille ou non, nous avons la responsabilité de les protéger. »
Selon plusieurs déplacés interrogés, le manque d’hébergements disponibles aggrave encore la situation. Certains passent leurs nuits dans des voitures stationnées, d’autres sur des plages ou dans des espaces publics. L’épuisement et l’incertitude pèsent sur des familles déjà fragilisées par leur fuite.
La crise intervient alors que le Liban est entraîné dans l’escalade militaire régionale. Le Hezbollah a lancé des roquettes et des drones vers le nord d’Israël, entraînant des frappes de représailles israéliennes qui ont fait des dizaines de morts et des centaines de blessés, selon les autorités.
Face à la dégradation rapide de la situation, le président libanais Joseph Aoun a demandé jeudi à son homologue français, Emmanuel Macron, d’intervenir auprès d’Israël pour empêcher le bombardement de la banlieue sud de Beyrouth, bastion du Hezbollah. Paris a indiqué vouloir poursuivre son soutien aux forces armées libanaises afin qu’elles puissent « assumer pleinement leurs missions de souveraineté » et mettre un terme à la menace posée par le Hezbollah.
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