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L’escalade des tensions au Moyen-Orient entre l’Iran, Israël et les États-Unis pourrait avoir des répercussions bien au-delà de la région, notamment en Afrique, où plusieurs économies restent fortement dépendantes des importations d’énergie et du commerce international.
La crise a déjà provoqué des inquiétudes sur les marchés énergétiques et autour des routes maritimes stratégiques, en particulier le détroit d’Ormuz, par lequel transite une part importante du pétrole mondial. Toute perturbation prolongée pourrait entraîner une hausse des prix du carburant, renchérir les coûts de transport et accentuer les pressions inflationnistes dans de nombreux pays africains.
Ces enjeux ont été au cœur des discussions lors de l’édition de mars d’Africanews Debates, où des analystes et économistes ont examiné les effets potentiels du conflit sur les économies et la sécurité du continent.
L’analyste politique sénégalais Bakary Sambé a expliqué que de nombreux pays africains suivent de près l’évolution de la situation, craignant une hausse des prix de l’énergie et des perturbations dans les chaînes d’approvisionnement mondiales.
« La menace autour du détroit d’Ormuz et la reconfiguration des routes maritimes pourraient entraîner des coûts supplémentaires pour les économies africaines », a-t-il indiqué.
Même les pays producteurs de pétrole du continent ne sont pas totalement à l’abri, a-t-il ajouté, car plusieurs d’entre eux restent dépendants des importations de produits pétroliers raffinés.
Pour Carlos Lopes, économiste et ancien haut responsable des Nations unies, la crise illustre également une transformation plus profonde du système international.
Selon lui, les tensions actuelles reflètent un monde où les grandes puissances s’éloignent de plus en plus des mécanismes multilatéraux traditionnels, ce qui pourrait accentuer l’incertitude économique et géopolitique pour les pays africains déjà confrontés à des contraintes budgétaires et à un coût élevé du capital.
L’analyste politique Gilles Yabi, fondateur du groupe de réflexion WATHI, a pour sa part rappelé que l’attention portée aux crises au Moyen-Orient ne doit pas faire oublier les conflits qui secouent déjà le continent.
Il a notamment évoqué la guerre au Soudan, marquée par des violences d’une extrême gravité, qui reste pourtant largement reléguée au second plan sur la scène internationale.
Le débat a également mis en lumière un défi diplomatique pour l’Afrique : la difficulté à adopter une position commune face aux grandes crises géopolitiques.
Selon Bakary Sambé, il n’existe pas encore de politique étrangère africaine véritablement coordonnée sur ce type de questions, chaque pays adoptant une posture en fonction de ses intérêts et de ses partenariats stratégiques.
Pour les intervenants, la crise actuelle rappelle surtout l’urgence pour le continent de renforcer sa résilience économique, d’accélérer la diversification de ses économies et de consolider ses mécanismes régionaux de coopération.
Car, comme l’ont souligné les participants au débat, même lorsqu’un conflit éclate loin des frontières africaines, ses répercussions économiques et politiques peuvent rapidement se faire sentir sur le continent.
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