Libye
Pour la première fois depuis la chute de Mouammar Kadhafi en 2011, Tripoli a attribué de nouvelles licences d’exploration et de production à des groupes étrangers, dont Chevron et BP. Une relance stratégique pour un secteur clé, malgré une participation limitée et un contexte politique toujours fragmenté.
La Libye tente de tourner la page d’une décennie d’instabilité. Mercredi, la Compagnie nationale libyenne de pétrole (NOC) a attribué des licences d’exploration et de production à plusieurs compagnies étrangères, marquant la première ouverture de ce type depuis la révolution de 2011.
Parmi les lauréats figurent les géants Chevron et BP, la nigériane Aiteo ( la plus grande entreprise énergétique privée d’Afrique) ainsi que plusieurs consortiums : Repsol avec BP, Eni North Africa avec QatarEnergy, et Repsol avec le hongrois MOL Group et Türkiye Petrolleri.
Au total, 37 entreprises ont participé à l’appel d’offres, mais seules cinq ont remporté des blocs, sur vingt proposés. La NOC n’a pas communiqué le montant des licences, tout en annonçant un nouveau cycle d’attribution d’ici la fin de l’année.
« Trente-sept entreprises ont participé à cet appel d'offres. Cinq d'entre elles ont remporté le marché et ont rejoint le secteur pétrolier libyen afin de commencer à explorer les gisements de pétrole et de gaz dans les zones terrestre et sous-marine annoncées », a déclaré Masoud Suleiman Musa, président par intérim de la NOC.
Objectif : augmenter la production
La Libye produit actuellement environ 1,5 million de barils par jour et détient les plus importantes réserves prouvées d’Afrique, estimées à 48,4 milliards de barils. Mais le pays reste politiquement divisé entre le gouvernement d’union nationale basé à Tripoli, soutenu par l’ONU et dirigé par Abdelhamid Dbeibah, et une administration orientale appuyée par le maréchal Khalifa Haftar.
Malgré ces fractures, Tripoli affiche des ambitions élevées.
« L'objectif immédiat [pour la production pétrolière] sera de 1,6 million [de barils], mais l'objectif à moyen terme sera de 2 millions de barils, voire plus en fonction des résultats de ces explorations », a précisé Masoud Suleiman Musa.
Le mois dernier, les autorités ont également signé des accords représentant plus de 20 milliards de dollars d’investissements avec TotalEnergies et ConocoPhillips, afin d’accroître la production sur les 25 prochaines années. Le Premier ministre Dbeibah vise une hausse de 850 000 barils par jour sur cette période.
Un succès mesuré
Pour autant, l’enthousiasme reste prudent. L’expert Jalel Harchaoui estime que l’appel d’offres n’est « pas un grand succès ». Selon lui, l’intérêt limité pourrait refléter l’existence de négociations bilatérales en marge du processus officiel, impliquant notamment « ExxonMobil et d’autres grandes multinationales ».
Dans un pays où les équilibres institutionnels demeurent fragiles, les compagnies pétrolières continuent d’évaluer les risques politiques et sécuritaires. La relance du secteur énergétique apparaît ainsi comme un pari stratégique : restaurer la confiance, stabiliser les institutions et consolider la première source de revenus du pays.
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