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Ouganda : Bobi Wine promet de protester contre toute fraude électorale

Le candidat présidentiel de l'opposition ougandaise Bobi Wine salue ses partisans lors d'un rassemblement électoral à Mukono, en Ouganda, le 9 janvier 2026   -  
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Ouganda

Le leader de l'opposition ougandaise a déclaré lundi qu'il appellerait à manifester si le président Yoweri Museveni truquait les élections de cette semaine et qu'il accueillerait favorablement une intervention des États-Unis.

Plus de 20 millions de personnes sont inscrites pour voter jeudi dans ce pays d'Afrique de l'Est, où l'on s'attend généralement à ce que M. Museveni, âgé de 81 ans, poursuive son règne de quatre décennies grâce à son contrôle quasi total de l'État et de l'appareil sécuritaire.

Son principal adversaire est le chanteur devenu politicien Bobi Wine, 43 ans, de son vrai nom Robert Kyagulanyi, qui se présente pour la deuxième fois à la présidence après que sa campagne de 2021 ait été marquée par une répression violente et des allégations de fraude. « Si le général Museveni truque les élections, nous appellerons à manifester », a déclaré M. Wine à l'AFP depuis son domicile dans la capitale Kampala.

« Nous avons dit aux gens de ne pas attendre nos instructions », a-t-il ajouté. Les Nations unies et Amnesty International font partie des organismes de surveillance qui accusent le gouvernement ougandais de répression à l'approche des élections, notamment d'avoir procédé à des centaines d'arrestations de partisans de Wine. L'instabilité politique s'est accrue dans toute l'Afrique de l'Est, la population jeune de la région protestant contre l'érosion de la démocratie et le manque d'emplois au Kenya, en Tanzanie et au-delà.

Wine a reconnu que les manifestations risquaient de provoquer davantage de répression. « Je sais que le gouvernement du général Museveni répond à tout par la violence... Mais je sais aussi que même les régimes violents peuvent être renversés par des manifestations », a-t-il déclaré à l'AFP. « Nous n'avons pas promis le confort. Nous n'avons pas promis qu'ils ne feraient pas usage de la violence à notre encontre. Mais nous avons insisté pour que notre peuple reste non violent, car nous savons que la non-violence l'emporte sur la violence. »

Lorsqu'on lui a demandé s'il serait favorable à une intervention directe des États-Unis, telle que la destitution du président vénézuélien Nicolas Maduro, M. Wine a répondu : « Oui, je le serais. » « Je pense que toute aide qui nous est apportée est utile. Cependant, cette aide ne doit pas servir à prendre le contrôle de notre pays », a-t-il déclaré. « Je crois fermement que la responsabilité de libérer notre pays, de le gouverner et de le faire progresser incombe entièrement au peuple ougandais.» - « Bobi est notre Jésus » - Une foule en délire a accueilli le convoi de Wine alors qu'il traversait Kampala pour se rendre à l'un de ses derniers rassemblements. Les gens se sont massés le long des rues, ont hissé leurs enfants sur leurs épaules et ont crié leur soutien. « Bobi est notre Jésus-Christ », ont crié deux hommes à moto alors qu'ils roulaient à côté de sa voiture.

Des milliers de personnes se sont rassemblées près de Gadafi Road, dans le centre de Kampala. La foule, composée principalement de jeunes hommes serrés les uns contre les autres, attendait bruyamment son discours malgré une pluie torrentielle soudaine. « Nous avons besoin d'une nouvelle Ouganda qui fonctionne sans corruption, avec la liberté et l'emploi pour tous », a déclaré à l'AFP Ssalongo Adam Mwanje, un partisan. « Je veux voter pour Bobi Wine afin qu'il puisse apporter une nouvelle Ouganda », a déclaré Marsha Madinah.

Sous les acclamations de la foule, Wine a déclaré : « Si le parlement refuse de venir dans le ghetto, le ghetto viendra au parlement. » Une importante présence policière et sécuritaire a dissuadé la foule de rester après le coucher du soleil, mais aucun incident violent n'a été signalé lors de la dispersion. « Museveni n'est pas l'un d'entre vous, je suis vous et vous êtes moi », a déclaré Wine en conclusion.

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