Zimbabwe
Tsitsi Dangarembga, auteure zimbabwéenne à succès, a été acquittée lundi en appel d'accusations d'"incitation à la violence" pour avoir manifesté silencieusement avec une pancarte dans les rues vides de Harare, pendant le confinement en 2020.
Les juges de la Cour d'appel ont donné tort au magistrat qui l'avait condamnée en première instance, précisant qu'ils rendraient publique leur argumentation dans un deuxième temps.
"Aucune infraction n'a été commise", a résumé l'avocat de l'écrivain, Harrison Nkomo. "Les juges ont expliqué qu'elle n'avait commis aucune infraction", s'est-il félicité.
En première instance, en septembre, Tsitsi Dangarembga avait été condamnée à six mois de prison.
Elle avait été arrêtée en pleine pandémie fin juillet 2020 alors qu'elle marchait avec une amie journaliste et une poignée d'autres manifestants, dans une banlieue aisée de Harare tenant dans les mains la pancarte : "Nous voulons mieux. Réformons nos institutions".
L'accusation lui reprochait d'avoir ainsi incité à la violence et d'avoir manifesté "sans avoir demandé d'autorisation". Elle affirmait au contraire n'avoir parlé à aucun passant, ni à la presse lors de cette modeste manifestation, qui n'a par ailleurs pas provoqué de violence.
A la sortie du tribunal, cette figure féministe respectée avait dénoncé une liberté d'expression "de plus en plus réduite et criminalisée" dans le pays, estimant que les Zimbabwéens étaient désormais traités en "sujets" et non plus en "citoyens".
Tsitsi Dangarembga, 64 ans, s'est fait connaitre à la fin des années 1980 avec son premier roman autobiographique "A fleur de peau".
Le président Emmerson Mnangagwa, qui a succédé en 2017 à Robert Mugabe lors d'un coup d'Etat, est régulièrement accusé par les organisations de défense des droits de museler toute voix dissidente, notamment par des arrestations arbitraires.
Une élection présidentielle est prévue en août mais sa date précise n'a pas encore été fixée.
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