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RDC : la peur d’Ebola détourne les habitants des hôpitaux

Un soignant attend devant le centre de traitement d'Ebola de l'hôpital de Bunia, dans la province de l'Ituri, au Congo, le 22 juillet 2026.   -  
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République démocratique du Congo

La peur suscitée par l'épidémie d'Ebola dans le nord-est de la République démocratique du Congo (RDC) pousse une partie de la population à renoncer aux soins de santé essentiels, alors que les autorités et leurs partenaires internationaux tentent de renforcer la riposte face à une flambée qui a déjà fait plus de 1.700 morts.

Dans les principaux foyers de l'épidémie, en province de l'Ituri, le recours aux services de santé a chuté de 42 % entre avril et juin 2026, selon des données des autorités locales relayées par l'UNICEF.

Cette baisse concerne notamment les consultations médicales, les accouchements en milieu hospitalier et les vaccinations, conséquence de la crainte d'être contaminé dans les établissements de santé accueillant des malades atteints d'Ebola.

À l'hôpital Bigo de Bunia, où plusieurs patients infectés ont été pris en charge, les soignants constatent les effets de cette méfiance.

« À ce jour, nous avons pris en charge environ cinq cas d'Ebola, voire davantage. Compte tenu de nos capacités limitées et des conditions dans lesquelles nous travaillons, il a été extrêmement difficile de les soigner. Certains des patients transférés sont décédés, ce qui a accru la peur au sein de la communauté et dissuadé les gens de venir se faire soigner dans notre établissement », explique à l'AFP le chef infirmier, Losha Dhedda.

La distribution récente de kits de prévention et de contrôle des infections devrait toutefois améliorer les conditions de travail des personnels médicaux.

« Jusqu'à présent, de nombreux professionnels de santé avaient peur parce qu'ils ne disposaient pas d'équipements de protection individuelle adéquats. Désormais, ils peuvent prodiguer des soins avec davantage d'assurance et traiter les patients sans crainte », ajoute M. Dhedda.

La RDC a déclaré sa 17ᵉ épidémie d'Ebola le 15 mai. Selon les derniers chiffres de l'Organisation mondiale de la santé (OMS), la flambée totalise 3.874 cas confirmés, dont 1.751 décès.

En visite à Kinshasa, le directeur général de l'OMS, Tedros Adhanom Ghebreyesus, a averti que « l'épidémie se propage plus rapidement que le renforcement de la réponse », estimant nécessaire « d'intensifier d'urgence » les efforts pour améliorer la surveillance, l'accès aux soins, la protection des personnels de santé et les enterrements sécurisés.

Les États-Unis ont annoncé mercredi une aide supplémentaire de plus de 242 millions de dollars pour soutenir la lutte contre l'épidémie. Selon le département d'État, l'assistance américaine consacrée à cette flambée dépasse désormais 500 millions de dollars.

En Ituri, où près de 90 % des cas ont été recensés, les infrastructures sanitaires demeurent insuffisantes et la réponse est compliquée par l'insécurité. À Mongbwalu, des employés d'un centre de traitement Ebola ont récemment manifesté contre le non-paiement de leurs indemnités avant d'être dispersés par la police, selon des sources hospitalières.

À Bunia, un centre de traitement Ebola de 100 lits a ouvert cette semaine afin d'accroître les capacités d'accueil, selon le Bureau des Nations unies pour la coordination des affaires humanitaires (OCHA).

L'épidémie actuelle est provoquée par la souche Bundibugyo du virus Ebola, contre laquelle aucun vaccin ni traitement homologué n'est disponible. Plusieurs essais cliniques de vaccins sont toutefois en cours, notamment ceux développés par Moderna et par l'université d'Oxford. En parallèle, plusieurs traitements expérimentaux, dont l'anticorps monoclonal MBP134, le remdesivir et l'obeldesivir, sont actuellement évalués en Ituri.

Transmis par contact avec les fluides corporels, le virus Ebola provoque une fièvre hémorragique. Il a causé plus de 15.000 décès en Afrique au cours des cinquante dernières années.

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