Maroc
Le Front Polisario, qui lutte pour l’indépendance du Sahara occidental, est “prêt” à des “négociations directes” avec le Maroc qui en contrôle la majeure partie, a indiqué lundi à Alger un haut responsable du mouvement indépendantiste sahraoui.
Une délégation sahraouie a été reçue le 25 janvier à Berlin par le nouvel envoyé spécial de l’ONU Horst Koehler, nommé en août, qui a “entamé des discussions séparées” avec le Polisario et Rabat, a expliqué Mohamed Salem Ould Salek, “ministre des Affaires étrangères” de la République arabe sahraouie et démocratique (RASD).
“Il s’agit d’une nouvelle phase de discussions destinées à préparer une nouvelle phase de négociations directes” entre les deux parties, a-t-il précisé lors d’une conférence de presse à Alger.
La RASD, proclamée par le Polisario en 1976, est “prête à entrer en négociation directe avec le Royaume du Maroc pour faire la paix”, a-t-il assuré. L’Algérie, rival diplomatique du Maroc voisin, soutient la RASD.
Le gouvernement marocain avait annoncé le 25 janvier qu’une délégation du royaume chérifien rencontrerait également M. Koehler à une date non précisée.
Ancienne colonie espagnole, le Sahara occidental est passé en 1975 en grande partie sous contrôle du Maroc. Le Front Polisario contrôle environ un tiers du territoire sahraoui, le long des frontières algérienne et mauritanienne.
Après 16 ans de conflit armé entre Rabat et le Polisario, un cessez-le-feu a été proclamé en 1991. Un référendum d’autodétermination prévu par l’ONU a été constamment repoussé depuis 1992 en raison de désaccords continus sur la composition du corps électoral.
Le Polisario et Rabat n’ont plus négocié directement depuis l‘échec en 2012 d’un cycle de cinq ans de pourparlers.
Le Maroc propose d’accorder une large autonomie du Sahara occidental, avec un gouvernement et un parlement locaux, mais refuse de discuter de la souveraineté marocaine sur le territoire. Le Front Polisario réaffirme lui “le droit du peuple sahraoui à l’autodétermination” via un référendum et revendique l’indépendance du territoire.
Fin janvier, M. Koehler a invité “les deux parties au conflit ainsi que les pays voisins”, Algérie et Mauritanie, à prendre part aux discussions, a précisé M. Ould Salek.
AFP
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