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Brésil : Meta accusé d’ingérence dans la campagne présidentielle

Des manifestants brandissant une banderole lors d'un rassemblement organisé devant le siège de Meta, à São Paulo, le 19 octobre 2026   -  
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Brésil

La pression judiciaire s’intensifie sur Meta au Brésil. Le Tribunal supérieur électoral a accordé 24 heures au groupe américain pour démontrer que ses plateformes, Facebook, Instagram et WhatsApp, garantissent un traitement équitable au président sortant Luiz Inácio Lula da Silva et à son adversaire Flávio Bolsonaro. L’amende encourue en cas de manquement a été portée à un million de réais par jour, soit environ 200 000 dollars.

Lundi, à São Paulo, des manifestants se sont rassemblés devant les bureaux de l’entreprise pour dénoncer une possible ingérence dans la campagne électorale. Sérgio Amadeu, 64 ans, professeur à l’Université fédérale de l’ABC, estime que les dysfonctionnements signalés ne peuvent être réduits à de simples incidents techniques.

« Ces derniers jours, Meta s’est fortement immiscé dans les élections brésiliennes. L’entreprise le reconnaît, mais parle d’une défaillance technique. C’est précisément ce qui motive cette manifestation. Il ne s’agit pas de simples défaillances techniques, mais d’une ingérence inacceptable dans la démocratie brésilienne », déclare-t-il.

La procédure judiciaire fait suite à une plainte de la campagne de Lula, qui accuse Meta de favoriser son adversaire par ses algorithmes de recommandation et ses restrictions liées à l’intelligence artificielle. L’entreprise rejette toute partialité politique et attribue les dysfonctionnements signalés à des incidents techniques mondiaux, à ses mesures antifraude et à ses obligations réglementaires.

Les inquiétudes concernent également le financement de publicités politiques depuis l’étranger. Une étude du NetLab, laboratoire de recherche de l’Université fédérale de Rio de Janeiro (UFRJ), a recensé au moins 1 613 publicités politiques irrégulières diffusées sur les plateformes de Meta entre juillet et septembre. Selon ses conclusions, ces annonces ont totalisé 171 millions de vues et généré environ deux millions de réais, leur financement provenant principalement des États-Unis.

Rose Marie Santini, fondatrice et directrice du NetLab, dénonce la diffusion de publicités financées par des acteurs étrangers qui, selon elle, ne sont pas autorisés à intervenir dans la campagne électorale brésilienne.

« Nous traversons une période où la question d’une ingérence étrangère dans nos élections est au cœur des débats au Brésil. La campagne de Lula et son gouvernement évoquent des accusations et des soupçons en ce sens. Or, nous constatons que Meta autorise la diffusion de publicités financées depuis l’étranger, par des personnes qui n’auraient même pas le droit de faire de la publicité politique ou de mener campagne électorale. La plateforme leur permet également d’acheter des publicités ciblant spécifiquement les Brésiliens », affirme-t-elle.

Meta maintient que ses règles sont appliquées de manière uniforme à tous les candidats. À l’approche du second tour, prévu le 25 octobre, la justice brésilienne cherche à garantir l’équité du traitement des candidatures sur les plateformes numériques, dans un contexte de fortes tensions autour du rôle des réseaux sociaux dans le scrutin.

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