Kenya
Le milliardaire nigérian Aliko Dangote a lancé mercredi, à Lamu, les travaux préparatoires d’une raffinerie de 700 000 barils par jour. Présenté comme un projet majeur d’industrialisation africaine, l’investissement suscite aussi des inquiétudes environnementales.
Le groupe Dangote a posé mercredi la première pierre de sa future raffinerie sur la côte kényane, près du port en eaux profondes de Lamu. Évalué à 16 milliards de dollars (14,1 milliards d’euros), le projet doit atteindre une capacité de 700 000 barils par jour, soit davantage que toute raffinerie actuellement en service en Europe, selon son promoteur.
La cérémonie s’est tenue en présence du président kényan William Ruto, du Premier ministre éthiopien Abiy Ahmed et du président ougandais Yoweri Museveni. « Aujourd’hui, nous ne posons pas seulement la première pierre d’une raffinerie, mais celle d’un nouveau chapitre de l’histoire industrielle de l’Afrique », a déclaré Aliko Dangote.
Le projet doit notamment être accompagné d’une centrale électrique de 1 000 mégawatts, dont la moitié de la production serait destinée au réseau kényan. Le pétrole brut nécessaire à son fonctionnement devrait, dans un premier temps, être importé de plusieurs régions situées hors d’Afrique, les capacités de production du Kenya et des pays voisins restant insuffisantes.
Réduire la dépendance aux importations
Pour Dangote, cette infrastructure doit contribuer à réduire la dépendance du continent aux produits pétroliers raffinés importés. Selon l’Africa Finance Corporation, l’Afrique importe actuellement environ 70 % des carburants qu’elle consomme, malgré une production de plusieurs millions de barils de brut par jour.
Le groupe Dangote dispose déjà au Nigeria d’une raffinerie de 650 000 barils par jour, entrée en service en 2024. Sa capacité pourrait atteindre 1,4 million de barils par jour d’ici 2028, ce qui la placerait parmi les plus grandes installations de raffinage au monde.
Le projet kényan ne fait toutefois pas l’unanimité. Des organisations environnementales, dont Greenpeace, dénoncent les risques pour un écosystème jugé fragile.
Malgré ces contestations, Aliko Dangote défend un projet destiné, selon lui, à favoriser l’émergence d’un tissu industriel autour de la raffinerie. Il estime que les infrastructures de raffinage doivent être développées sur le continent afin de transformer davantage localement les ressources africaines et de limiter le recours à des entreprises étrangères pour les grands projets industriels.
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