Cameroun
En camion et à pied, des familles entières arrivent dans la ville de Waza, avant de trouver refuge dans l’une des écoles locales.
Ces familles, qui se comptent désormais par milliers, ont fui plus de dix villages situés autour de Makary et de Medouga à la suite d’attaques de représailles qui auraient été menées par des terroristes présumés et qui ont fait 14 morts.
Selon Kassoum Saley, habitant déplacé, aucun doute, c'est un groupe terroriste qui est à l'origine des attaques qui les ont contraint à s'enfuir.
"C’est Boko Haram qui nous a forcés à quitter nos villages. Ils viennent pour nous tuer et nous voler nos biens. Nous sommes tellement débordés que nous devons monter la garde dans le village de 18 h à 5 h du matin."
Il déplore aussi le manque de ressources de premières nécessité. Les familles déplacées affirment n’avoir été ni contactées ni aidées par les autorités locales. Des femmes et des enfants auraient passé plusieurs jours sans manger, ce qui fait craindre une nouvelle crise humanitaire.
"Il y a des milliers d’enfants et de femmes qui sont ici depuis jeudi jusqu’à aujourd’hui, dimanche. Ils n’ont rien eu à manger ni à boire et n’ont reçu aucune aide de l’État. Nous n’avons ni nourriture ni eau", alerte Kassoum.
Waza fait face à un afflux massif de personnes déplacées
Alors que les attaques s’intensifient, Waza connaît un afflux massif de personnes déplacées depuis le jeudi 17 septembre 2026. Les espaces publics et les écoles de la ville sont submergés par des familles dans le besoin, selon un responsable sanitaire local.
"Ils ont abandonné leurs villages et tous leurs biens. Certains sont venus en moto, d’autres à pied ou en tricycle, pour rejoindre Waza. Ils sont arrivés ici terrifiés, dormant à la belle étoile, sans aucune sécurité ni aide alimentaire là où nous nous trouvons actuellement", explique Mahamat Amadou, le responsable de la santé à Waza.
Plus de 300 personnes déplacées sont également arrivées dans la ville de Maroua pendant la nuit. Des réunions de crise se tiennent depuis lundi matin dans les bureaux du gouverneur de la région de l’Extrême-Nord afin de définir une réponse d’urgence.
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