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Brésil : les huiles usagées des acarajés deviennent une ressource énergétique

Une femme prépare un plat d’acaraje, à Rio de Janeiro, au Brésil, le 8 juin 2014.   -  
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Brésil

À Salvador, le liquide rouge-orangé de l’huile de palme usagée s’est longtemps déversé dans les canalisations et jusque sur les plages, après avoir servi à la friture de l’acarajé, emblématique spécialité de Bahia.

Une nouvelle initiative associant la municipalité, le groupe pétrolier public Petrobras et des coopératives de recyclage entend désormais organiser la récupération de ces huiles usagées à grande échelle.

Quelque 3 500 femmes, les baianas do acarajé, vendent leurs préparations dans les rues de la capitale bahianaise. La municipalité les incite à rejoindre le dispositif, notamment grâce à des licences et à des mesures destinées à favoriser des pratiques commerciales plus respectueuses de l’environnement. Chaque litre d’huile de palme remis à la collecte peut être rémunéré 3 réais brésiliens.

« Je mettais l’huile dans une bouteille et je la jetais avec les autres déchets. Je ne savais pas quoi en faire », témoigne Marilene dos Santos Oliveira, vendeuse d’acarajé. Elle affirme désormais que les membres de l’Association des Baianas do Acarajé ne la jettent plus.

Les huiles récupérées sont acheminées vers des coopératives, où elles sont regroupées avant leur traitement. Le projet vise, à terme, la valorisation de jusqu’à six millions de litres d’huile usagée par an pour produire de l’énergie. Les coopératives soulignent toutefois la nécessité d’étendre la collecte de proximité afin d’atteindre davantage de vendeuses et d’habitants.

Au-delà de l’enjeu environnemental, le programme s’appuie sur un ingrédient profondément ancré dans l’histoire de Bahia. L’huile de palme, ou azeite de dendê, y est arrivée avec les Africains réduits en esclavage à partir du XVIᵉ siècle. Elle est depuis devenue un élément majeur de la cuisine régionale, notamment dans l’acarajé, la moqueca et le vatapá.

À Salvador, la filière de l’acarajé se trouve ainsi associée à un enjeu contemporain : transformer un déchet longtemps responsable de pollutions locales en matière première pour une économie de recyclage.

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