Gaza
À Gaza, la rentrée scolaire marque pour de nombreux enfants le retour à une forme de vie quotidienne après près de trois années de guerre.
Plus de 280 000 élèves ont repris les cours dans les écoles et les tentes éducatives de l’Office de secours et de travaux des Nations unies pour les réfugiés de Palestine (UNRWA).
À Nousseirat, dans le centre de la bande de Gaza, certaines salles de classe ont rouvert malgré des conditions matérielles très difficiles. Faute de bureaux, des élèves sont contraints de s’asseoir à même le sol, tandis que d’autres utilisent des tables anciennes et endommagées ayant survécu aux combats.
Pour les familles, cette rentrée représente néanmoins un retour à une routine interrompue par la guerre. Asmaa Al-Hour, mère de deux élèves, raconte avoir retrouvé, autant que possible, une atmosphère scolaire normale, avec un rassemblement matinal et un accueil des élèves par l’administration. Son fils, dit-elle, attendait depuis l’aube de pouvoir retourner à l’école. Sa fille, scolarisée en CM1, avait quant à elle passé les trois années de guerre à espérer pouvoir simplement retrouver une école, même sans pouvoir y étudier.
Un système éducatif lourdement détruit
Le retour en classe ne signifie toutefois pas un retour à la normale. De nombreux établissements scolaires restent détruits ou fortement endommagés. D’autres sont encore utilisés comme abris par des familles déplacées, ce qui réduit les capacités d’accueil du système éducatif.
Selon Tawfiq Al-Hourani, responsable du programme éducatif de l’UNRWA, l’agence disposait avant la guerre de 182 écoles entièrement équipées. Plus de 95 % de ces établissements ont depuis été perdus, affirme-t-il, tandis que les écoles encore disponibles sont pour certaines occupées par des personnes déplacées.
La reprise des cours, amorcée après le cessez-le-feu d’octobre, reste ainsi soumise à de fortes contraintes matérielles. Les infrastructures scolaires doivent être remises en état alors que le manque d’équipements et les déplacements de population continuent de peser sur l’organisation de l’enseignement.
Près de trois années d’école perdues
Les conséquences de la guerre se mesurent également dans les parcours scolaires des enfants. Selon l’UNICEF, environ 700 000 enfants âgés de 4 à 17 ans à Gaza avaient été privés d’enseignement en présentiel pendant près de trois ans en avril. Parmi eux, quelque 420 000 n’avaient bénéficié d’aucun enseignement en présentiel depuis octobre 2023.
Pour une génération d’enfants, les années de guerre ont ainsi profondément bouleversé la scolarité, mais aussi le quotidien : déplacements répétés, recherche d’eau et de nourriture pour les familles et absence prolongée de cadre scolaire.
Dans les établissements qui ont pu rouvrir leurs portes, la rentrée constitue donc une étape importante vers la reprise de l’enseignement. Mais avec la destruction de la grande majorité des infrastructures de l’UNRWA et le manque persistant de moyens, le retour à une scolarité régulière demeure un processus fragile.
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