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Uber quitte le Nigeria, les chauffeurs dénoncent une annonce brutale

Des conducteurs de trois-roues font la queue pour acheter du carburant dans une station-service à Lagos, au Nigeria, le 31 juillet 2024.   -  
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Nigéria

Le départ d’Uber du Nigeria provoque une onde de choc dans le secteur des transports numériques. La plateforme américaine a annoncé l’arrêt immédiat de ses activités dans le pays, une décision qui surprend de nombreux chauffeurs qui dépendaient de l’application pour leurs revenus quotidiens.

Présent au Nigeria depuis 2014, Uber avait commencé ses opérations à Lagos avant de s’étendre progressivement à plusieurs grandes villes du pays. L’entreprise a également annoncé son retrait de l’Ouganda, dans le cadre d’une révision de ses activités internationales.

Des chauffeurs pris de court

Pour les conducteurs nigérians, l’annonce a été brutale. Kehinde Abdulraheem, chauffeur Uber à Lagos, affirme que les principaux concernés n’ont pas été informés directement par l’entreprise.

"Ça m’a vraiment choqué, et je pense que cela a aussi choqué la plupart des chauffeurs, car nous n’avons été informés ni par l’application ni par aucun autre moyen. Nous l’avons appris de la même manière que les Nigérians lambda, c’est-à-dire sur les réseaux sociaux", explique-t-il.

Selon lui, cette absence de communication a renforcé le sentiment d’incertitude parmi les chauffeurs qui utilisaient quotidiennement la plateforme.

Les chauffeurs misent sur les alternatives

Malgré cette annonce, certains conducteurs estiment que l’impact économique restera limité grâce à l’existence d’autres applications de transport.

Kehinde Abdulraheem explique que de nombreux chauffeurs ne dépendent pas uniquement d’Uber.

"L’impact ne sera pas vraiment important, car Uber n’est pas la seule application de VTC qui existe. Il y a d’autres plateformes comme Bolt et InDrive. La plupart des chauffeurs qui ont plusieurs options ne se limitent pas à une seule application", précise-t-il.

Lui-même utilise plusieurs services en parallèle : "J’utilise Uber et j’utilise Bolt. Je les ai toutes les deux ouvertes en même temps. Dès qu’une course intéressante s’affiche sur l’une ou l’autre de ces applications, je la prends".

Un contexte économique difficile pour les conducteurs

Le retrait d’Uber intervient alors que les automobilistes nigérians font face à une forte hausse des coûts. La suppression de la subvention sur les carburants a entraîné une flambée des prix du carburant et des biens de consommation, fragilisant davantage les chauffeurs.

Cette pression a été accentuée par les tensions sur le marché mondial de l’énergie, notamment les perturbations liées à la guerre en Iran.

En 2023, Tope Akinwunmi, alors directeur national d’Uber Nigeria, indiquait que l’activité de l’entreprise avait généré plusieurs milliards de nairas pour l’économie nigériane. Il estimait que les chauffeurs utilisant la plateforme avaient collectivement gagné environ 6,1 milliards de nairas par an.

Une décision qui interroge sur l’environnement économique

Pour les analystes, le départ d’Uber dépasse le simple cas d’une entreprise quittant un marché. Il pose la question de l’attractivité économique et réglementaire du Nigeria.

John Onyeukwu, analyste des transports, estime que cette décision doit pousser à une réflexion plus large :

"Qu’est-ce que cela révèle de notre environnement opérationnel ? Qu’est-ce que cela révèle des fruits de la réforme, de la réglementation au Nigeria, de la confiance dans nos institutions locales et dans nos systèmes de gouvernance ?"

Selon lui, ce sont précisément ces éléments que les grandes entreprises évaluent avant de décider de rester dans un pays, de réduire leurs activités ou au contraire d’y investir davantage.

Le retrait d’Uber marque ainsi une nouvelle étape dans l’évolution du marché nigérian des transports numériques, alors que les chauffeurs tentent désormais de s’adapter à un paysage dominé par la concurrence et les défis économiques.

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