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Nigeria : à Sokoto, la vie nocturne défie les traditions et l'insécurité

Un DJ passe de la musique dans une boîte de nuit à Sokoto, au Nigéria, le 18 juillet 2026.   -  
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Nigéria

À Sokoto, dans le nord du Nigeria, les nuits prennent parfois des airs inattendus. Dans cette ville profondément conservatrice, connue pour son importance historique dans la diffusion de l’islam en Afrique de l’Ouest, quelques discothèques attirent une clientèle désireuse de se divertir malgré le poids des traditions religieuses.

Afrobeat, karaoké, soirées "Ladies’ Night" ou encore rendez-vous "Old School" : les établissements nocturnes proposent une programmation qui rappelle celle des grandes villes plus cosmopolites du pays.

"Tout ce qui se passe ailleurs, on le fait ici, dans cette ville", assure Benjamin Danjuma, un habitué des lieux de vie nocturne.

Une vie nocturne sous surveillance

Cette évolution se déroule toutefois dans un environnement marqué par des normes religieuses strictes. Dans plusieurs États du nord du Nigeria, la Hisbah, une police des mœurs, veille au respect de règles inspirées de la charia.

À Sokoto, ses agents effectuent notamment des patrouilles et des opérations dans des commerces et des hôtels. Ils peuvent saisir des boissons alcoolisées et interpeller des personnes pour des tenues jugées inappropriées. Mais ces interventions ne semblent pas décourager tous les adeptes des sorties nocturnes.

Usman Abdullahi Jatau, commandant de la Hisbah de Sokoto, affirme que l'institution ne se limite pas à l'application de la charia.

"Nous nous occupons de chaque citoyen du Nigeria, qu’il soit musulman ou non. Notre mission est de défendre et de promouvoir les bonnes mœurs et les vertus", explique-t-il.

Créée à Sokoto en 2014, la Hisbah avait été dissoute trois ans plus tard avant d’être rétablie en 2024. Dans le nord du pays, plusieurs États ont adopté la charia après le retour du Nigeria à la démocratie en 1999.

L’insécurité freine aussi les sorties

Au-delà des contraintes religieuses, la vie nocturne est également affectée par l’insécurité. Le nord du Nigeria est confronté depuis des années aux attaques de groupes djihadistes et armés.

Pour Oluwamayowa Idowu, fondatrice de la publication culturelle Culture Custodian, la disparition de cette insécurité favoriserait le développement des activités nocturnes, même si les traditions religieuses continueraient à en limiter l'expansion.

Malgré ces contraintes, les habitudes évoluent. Des habitants installés depuis longtemps à Sokoto décrivent une ville devenue progressivement plus animée le week-end. Entre conservatisme religieux, défis sécuritaires et aspiration au divertissement, la vie nocturne tente ainsi de trouver sa place dans l’une des régions les plus conservatrices du Nigeria.

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