Espagne
Des dizaines de milliers de personnes sont descendues dans les rues de plusieurs villes espagnoles mercredi pour réclamer des réponses au gouvernement face à la crise qui secoue Ceuta, enclave espagnole située sur la côte nord de l’Afrique.
À Madrid, environ 50 000 manifestants se sont rassemblés, selon les autorités, brandissant des drapeaux espagnols et des pancartes aux messages tels que "Ceuta n’est pas à vendre" ou "Nous voulons connaître la vérité". La mobilisation a éclipsé la journée officielle de célébration de l’enclave, habituellement organisée chaque 2 septembre.
Les manifestants dénoncent la gestion de la crise par le gouvernement du Premier ministre Pedro Sánchez et réclament un retour à la normale pour les habitants de Ceuta. "Nous voulons qu’ils retrouvent la vie qu’ils avaient avant le 30 juillet", a déclaré Pablo Olmedo, un habitant de Madrid, estimant que la situation continue de se dégrader.
La tension trouve son origine dans l’arrivée massive de migrants fin juillet. Environ 72 000 personnes ont franchi la frontière vers Ceuta, territoire espagnol voisin du Maroc, dans une tentative d’atteindre l’Europe. Au moins 90 personnes sont mortes lors de cette traversée. Si la majorité a été rapidement reconduite ou est repartie, près de 5 000 migrants, dont environ 1 200 mineurs, se trouvent encore dans l’enclave, selon le gouvernement espagnol.
Avec une population d’environ 84 000 habitants, Ceuta a été fortement déstabilisée par cet afflux soudain, qui a mis sous pression les infrastructures locales et provoqué la colère d’une partie des habitants. Les autorités locales accusent Madrid d’avoir ignoré des signes annonciateurs avant la rupture de la frontière.
Lors de la manifestation, certains protestataires ont également critiqué la coopération entre l’Espagne et le Maroc. Ana Rio, une habitante de Madrid, a accusé le gouvernement de minimiser la situation et de ne pas dire toute la vérité sur la crise.
Les autorités espagnoles attribuent en partie l’afflux migratoire à une campagne organisée sur les réseaux sociaux, mais les circonstances exactes de cet événement restent au centre des interrogations.
Des rassemblements similaires ont également eu lieu à Barcelone, Valence et Séville. Après la manifestation de Madrid, des tirs et des explosions ont été entendus. Selon le quotidien espagnol El País, la police a utilisé des balles en caoutchouc et des gaz lacrymogènes pour disperser certains groupes.
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