République démocratique du Congo
La rentrée scolaire a bien eu lieu mardi en République démocratique du Congo, y compris dans les provinces affectées par l’épidémie d’Ebola, malgré les réserves exprimées par des parents et des enseignants.
À Bunia, dans la province de l’Ituri, considérée comme l’épicentre de l’épidémie, les autorités scolaires ont mis en place plusieurs mesures destinées à limiter les risques de contamination.
Avant leur entrée dans les établissements, les élèves font notamment l’objet d’un contrôle de température. Les écoles ont été équipées de thermomètres infrarouges sans contact, de solutions hydroalcooliques et de dispositifs de lavage des mains. À l’intérieur des classes, les contacts physiques sont également réduits au minimum.
"Les enfants entrent en classe sans se serrer la main, ils évitent de manger ensemble et ni les élèves ni les enseignants ne se touchent", explique Gerlance Mahamba Mumbere, responsable d’établissement à Bunia. Des points de lavage des mains ont été installés dans les différentes parties des salles de classe et les déplacements sont limités pendant les récréations.
Ces précautions sont également relayées au sein des familles. Noëlla Mite Apesilam, une mère de famille, dit rappeler chaque matin à ses enfants de ne pas se serrer la main ni s’embrasser à l’école et de respecter scrupuleusement les consignes sanitaires. À domicile, elle insiste notamment sur le lavage régulier des mains.
La reprise des cours intervient toutefois dans un contexte épidémique particulièrement préoccupant. Selon les chiffres communiqués par les autorités, l’épidémie a fait 2 950 morts parmi 6 100 cas confirmés depuis la mi-mai.
La société civile demandait un report
Dans les provinces touchées, le gouvernement n’a pas instauré d’enseignement à distance. Les mesures de prévention et l’adoption de comportements sûrs constituent donc le principal rempart contre une éventuelle transmission du virus au sein des établissements scolaires.
Cette situation suscite des inquiétudes parmi les organisations engagées dans la riposte. Michel Méta Wani, responsable de la société civile en Ituri et partenaire de l’équipe de réponse à Ebola, affirme que des organisations avaient demandé au gouvernement de reporter la rentrée, le temps de trouver des solutions permettant de rompre les chaînes de transmission.
La reprise a néanmoins été maintenue. "Nous avons des écoles qui comptent deux cents, trois cents et même cinq cents élèves", souligne-t-il, estimant que le respect des mesures de protection est indispensable. Malgré leurs inquiétudes, les responsables communautaires disent désormais vouloir accompagner les dispositifs sanitaires mis en place.
La question des infrastructures constitue cependant un obstacle majeur. Des experts soulignent que plusieurs établissements scolaires ne disposent pas d’un accès suffisant à l’eau potable ou à l’eau propre, alors même que l’hygiène des mains figure parmi les principales mesures de prévention. Le financement de la riposte reste par ailleurs inférieur aux objectifs fixés.
La vaccination au cœur de la riposte
L’Unicef apporte son soutien aux autorités pour limiter les risques de transmission dans le milieu scolaire, mais les besoins restent importants.
La campagne de vaccination constitue parallèlement l’un des leviers de la riposte. Les autorités congolaises ont commencé à distribuer des milliers de doses du vaccin Ervebo, dont l’Organisation mondiale de la santé estime qu’il peut offrir une protection contre Ebola.
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