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Éthiopie : vers une présidence exécutive aux pouvoirs renforcés

Le Premier ministre éthiopien Abiy Ahmed lors d’une rencontre officielle en Malaisie, le 26 octobre 2024.   -  
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Ethiopie

L’Éthiopie pourrait profondément modifier son système politique. Après plusieurs semaines de dialogue national, les participants ont largement soutenu une réforme constitutionnelle visant à fusionner les fonctions de Premier ministre et de président pour créer une présidence exécutive.

Les discussions, qui ont réuni environ 4 000 délégués, se sont achevées le 22 août. La proposition pourrait être soumise au Parlement dès sa reprise des travaux en octobre.

Des craintes de concentration du pouvoir

Au pouvoir depuis 2018, le Premier ministre Abiy Ahmed apparaît comme le principal bénéficiaire potentiel de cette réforme. Le nouveau président serait choisi par le Parlement, où son parti dispose d'une très large majorité après sa victoire aux élections de juin.

Les défenseurs du projet estiment que cette nouvelle fonction pourrait renforcer l'unité nationale. Contrairement au système actuel, dans lequel Abiy Ahmed est élu député de la région d'Oromia avant de devenir Premier ministre, la présidence exécutive aurait vocation à représenter l'ensemble des communautés du pays.

Le dialogue recommande également de réduire le financement accordé aux partis constitués sur une base ethnique au profit de formations à dimension nationale.

La réforme suscite cependant de fortes inquiétudes. Ses détracteurs redoutent qu'elle permette à Abiy Ahmed de concentrer davantage de pouvoirs entre ses mains.

Le dialogue national est lui-même contesté. Plusieurs partis importants de l'opposition l'ont boycotté et les groupes armés n'y ont pas participé. Pour ses critiques, les discussions n'ont donc pas permis de répondre suffisamment aux principales crises politiques et sécuritaires du pays.

Des conflits persistants en Oromia et en Amhara

Avec environ 130 millions d'habitants, l'Éthiopie reste confrontée à de profondes divisions ethniques et à plusieurs insurrections. Des conflits armés se poursuivent notamment en Oromia et en Amhara, les deux régions les plus peuplées du pays.

La situation reste également fragile dans le Tigré, théâtre d'une guerre civile entre 2020 et 2022 qui aurait fait plusieurs centaines de milliers de morts. Des craintes persistent quant à une reprise des violences.

Certains participants considèrent néanmoins le dialogue national comme une avancée, estimant qu'il a permis à des groupes aux visions très différentes de l'avenir de l'Éthiopie de débattre ensemble.

Pour plusieurs acteurs politiques et spécialistes de la paix, ces discussions devront toutefois être accompagnées de négociations avec les groupes armés et les partis d'opposition pour espérer parvenir à une stabilité durable.

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