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CPI : réactions contrastées en Centrafrique après la condamnation de Mahamat Saïd

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Remko de Waal / ANP

République Centrafricaine

Réactions contrastées à Bangui, au lendemain de la condamnation par la CPI de Mahamat Saïd Abdel Kani , ancien chef rebelle centrafricain reconnu coupables de crimes contre l'humanité.

Du côté des associations de victimes la déception domine : l'acquittement partiel de l'accusé, pour trois chefs de crimes de guerre, faute de preuves suffisantes, passe mal. Verdict accueilli avec soulagement pour certains. Dans la société civile centrafricaine, on salue une étape importante dans la quête de justice, tout en réclamant que d'autres responsables soient poursuivis.

La Cour pénale internationale (CPI) a condamné mercredi l’ancien commandant rebelle centrafricain Mahamat Saïd Abdel Kani pour quatre chefs de crimes contre l’humanité, notamment pour torture et détention illégale, commis en 2013 dans la capitale Bangui.

Âgé de 56 ans, Mahamat Saïd dirigeait alors le centre de détention de l’Office central de répression du banditisme (OCRB), sous le contrôle de la Séléka, coalition rebelle à dominante musulmane qui venait de renverser le président François Bozizé.

La CPI a estimé qu’il avait supervisé et, dans certains cas, directement participé aux mauvais traitements infligés aux détenus. La juge Miatta Maria Samba a décrit des actes de torture particulièrement violents, dont l’« arbatachar », une technique consistant à attacher les mains, les coudes et les pieds de la victime derrière le dos. Des prisonniers étaient également battus à coups de cordes ou de fouets et aspergés d’eau.

Selon le jugement, certains détenus étaient enfermés dans une cellule située sous le bureau de Mahamat Saïd. Dépourvue de sanitaires, sombre, exiguë et mal ventilée, elle était recouverte d’excréments et imprégnée d’odeurs d’urine et de selles.

La cour a également reconnu les conséquences durables des sévices sur les victimes, leurs familles et leur vie quotidienne. Les juges ont conclu que Mahamat Saïd avait participé à des interrogatoires et à des actes de mauvais traitements et qu’il était présent lors de certaines séances de torture.

L’ancien commandant a toutefois été acquitté de trois chefs de crimes de guerre. La CPI doit encore fixer la peine qui lui sera infligée.

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