Afrique du Sud
Une commission judiciaire mise en place par le président sud-africain ouvre une enquête sur les accusations d’un haut responsable de la police, qui établit un lien entre des personnalités politiques et des gangs criminels.
La commission a entamé ses audiences publiques mercredi, plusieurs semaines après un démarrage retardé.
« Monsieur le Commissaire, le 6 juillet, lorsque j’ai pris la parole devant les Sud-Africains, c’était pour informer le public de l’ampleur des défis auxquels nous sommes confrontés, en tant que service de police sud-africain, dans le cadre de notre travail, qui impliquent la criminalité et les ingérences politiques dans notre travail de police, ce qui inclut également la corruption au sein de la chaîne de valeur du système judiciaire, dont nous faisons partie en tant que forces de l'ordre. », a déclaréNhlanhla Mkhwanazi, chef de la police provinciale du KwaZulu-Natal.
Ces allégations ont conduit le président Cyril Ramaphosa à suspendre M. Mchunu et à annoncer la création d’une commission composée de trois membres, présidée par un ancien juge de la Cour constitutionnelle.
L’Afrique du Sud est en proie à une criminalité et à une corruption profondément enracinées, alimentées par des réseaux organisés. En juillet, le chef de la police provinciale, Nhlanhla Mkhwanazi, a accusé le ministre de la Police, Senzo Mchunu, et d’autres hauts responsables d’entraver les enquêtes sur ces affaires, notamment des meurtres à motivation politique.
« Mon objectif a toujours été de démontrer que le système de justice pénale est soumis à une menace permanente, ainsi qu’à des actes de sabotage, qui perdurent depuis longtemps, au point que nous estimons qu’il court un risque réel d’effondrement total si rien n’est fait. Par conséquent, des interventions urgentes et efficaces sont nécessaires pour éviter cette issue. », a ajouté le chef de la police du KwaZulu-Natal.
Le rapport intermédiaire de la commission est attendu d’ici trois mois. La commission fait néanmoins l’objet de critiques, certains doutant qu’elle parvienne à susciter des actions concrètes, ses conclusions n’étant pas contraignantes et ses recommandations dépendant uniquement du pouvoir discrétionnaire du président.
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