Ethiopie
À Addis-Abeba, des femmes originaires du Tigré se sont réunies pour célébrer Ashenda, l’une des principales fêtes traditionnelles de la région.
Mais derrière les danses et les tenues colorées, les participantes ont exprimé leur inquiétude face aux tensions militaires et aux nouvelles frappes de drones sur Mekele, la capitale régionale.
« Pour ma famille, tout est entre les mains de Dieu. Je prie pour que la paix revienne, mais la situation est mauvaise. Notre peuple vit dans la tristesse et dans des conditions très difficiles », témoigne Tiras Gebregziabher, une coiffeuse tigréenne.
Tsedaye Werash, maquilleuse, partage la même inquiétude : « Au Tigré, la situation est très mauvaise, c’est la guerre. Nous prions pour que les choses s’améliorent et reviennent à la normale. Nous souhaitons que notre pays retrouve enfin la paix. »
Au moins treize blessés dans une frappe de drone
Les craintes d’un nouveau conflit se sont renforcées après une frappe de drone menée jeudi contre une zone résidentielle de Mekele. Au moins treize personnes ont été blessées, dont cinq enfants et sept femmes, selon un responsable de l’hôpital Ayder Referral.
Les victimes sont âgées de 2 à 60 ans. Trois d’entre elles se trouvent dans un état grave. Une seconde frappe aurait également été menée près de l’université de Mekele, sans qu’un bilan précis soit communiqué.
L’armée fédérale éthiopienne n’a pas immédiatement commenté ces attaques. Deux jours auparavant, les autorités tigréennes avaient déjà accusé Addis-Abeba d’être responsable d’une autre frappe de drone près de Mekele.
Le souvenir de la guerre de 2020-2022
Ces nouveaux incidents surviennent alors que les forces fédérales et tigréennes se massent de part et d’autre des frontières de la région. Les deux camps s’accusent mutuellement de vouloir provoquer une reprise des hostilités.
Entre 2020 et 2022, la guerre au Tigré avait fait au moins 600 000 morts. La région, qui comptait environ six millions d’habitants avant le conflit, reste profondément meurtrie. Près d’un million de personnes sont toujours déplacées.
Pour de nombreux Tigréens vivant loin de leur région, Ashenda reste synonyme d’espoir et de retour. « Tout le monde souhaite célébrer Ashenda au Tigré. Mais le travail et les circonstances ne nous l’ont pas permis. Si Dieu le veut, j’irai célébrer cette fête là-bas l’année prochaine », confie Muluberhan Argawi, demandeur d’emploi.
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