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Maroc : le PAM remporte les législatives, un faible taux de participation

Une femme dépose son bulletin de vote dans un bureau de vote lors des élections législatives à Rabat, au Maroc, le 23 septembre 2026   -  
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AP Photo/Mosa'ab Elshamy

Maroc

Le Parti authenticité et modernité (PAM), membre de l’actuelle coalition gouvernementale au Maroc, est arrivé en tête des législatives de mercredi, marquées par un taux de participation au plus bas depuis presque vingt ans.

Le PAM remporte 97 des 395 sièges de la Chambre des représentants, selon des résultats provisoires annoncés par le ministre de l’intérieur Abdelouafi Laftit à l’aube, jeudi.

Le Rassemblement national des indépendants (RNI), dont est issu l’actuel chef de gouvernement Aziz Akhannouch, est deuxième avec 66 sièges, perdant une trentaine de sièges par rapport aux dernières législatives de 2021.

Le Parti de l’Istiqlal, également présent dans l’actuelle coalition, est troisième avec 65 sièges.

Dans l’opposition, le Parti de la justice et du développement (PJD, islamiste), qui a notamment fait campagne sur la lutte contre la corruption, quadruple le nombre de ses sièges en en remportant 54, contre 13 lors des dernières législatives.

Le taux de participation a été de 38,1 %, soit le plus faible depuis presque vingt ans, sur fond de défiance envers la classe politique et d’inquiétudes autour du chômage et des inégalités.

Le scrutin s’est tenu moins de deux mois après la crise migratoire de Ceuta, qui a exposé au grand jour le manque de perspectives d’une partie de la jeunesse, alors même que le royaume affiche une croissance soutenue et multiplie les grands chantiers en vue du Mondial 2030, organisé avec l’Espagne et le Portugal.

Plus « confiance »

Or, « le pari du Mondial 2030 est coûteux » et les sommes investies pour cet événement sont jugées « par une partie de la population en décalage avec les priorités socio-territoriales du royaume : les services publics défaillants, l’enclavement rural […], le chômage élevé », explique la chercheuse indépendante Lamia Elfehaim sur le site d’Arab Reform Initiative.

Si la crise de Ceuta n’a pas été au cœur de la campagne, les raisons qui l’ont sous-tendue ont en revanche irrigué les débats.

« Je ne vais pas voter car j’ai perdu toute confiance dans la classe politique », a déclaré à l’AFP à Rabat Majda Bakatir, 59 ans. « Nous voulons que notre pays aille de l’avant mais les politiques ne semblent pas se soucier de nos problèmes liés à la santé, à l’éducation et au pouvoir d’achat », ajoute la quinquagénaire.

Au contraire, Karim Ennaciri, 55 ans, juge que « c’est ce processus électoral qui va permettre [aux Marocain·es] de savoir s’il y a un renouveau au sein des partis ».

Première cheffe de gouvernement ?

Le nouveau ou la nouvelle chef·fe du gouvernement sera issu·e du parti arrivé en tête des législatives, et donc du PAM. Il ou elle sera nommé·e par le roi Mohammed VI et sera chargé de former un exécutif de coalition pour cinq ans, même si les grandes orientations des secteurs stratégiques demeurent l’apanage du monarque.

Le PAM a été fondé en 2008 par l’actuel conseiller du roi, Fouad Ali El Himma, dans l’objectif de constituer un contrepoids aux islamistes. Ce proche de Mohammed VI s’en est toutefois retiré dans le contexte du Printemps arabe, alors qu’il était accusé par ses détracteurs de chercher à asseoir l’hégémonie du parti sur la vie politique marocaine.

Le parti a promis pendant la campagne de réaliser une croissance moyenne de 5 % par an, de maintenir l’inflation à 2 % pour préserver le pouvoir d’achat et de créer au moins un million d’emplois durant son mandat.

Le parti a réussi à rallier une figure populaire, le ministre chargé du budget Fouzi Lekjaa, jusqu’ici davantage connu pour son rôle à la tête de la Fédération royale marocaine de football.

En l’absence de leader affiché, l’autre visage du PAM est Fatima Ezzahra Mansouri, ministre de l’aménagement du territoire et maire de Marrakech, pressentie par la presse locale pour devenir la première cheffe du gouvernement de l’histoire de son pays.

Malgré son retrait de la direction du RNI, le chef du gouvernement sortant Aziz Akhannouch s’est évertué à défendre son bilan, malgré des accusations de conflits d’intérêts en lien avec sa société Afriquia, leader de la distribution d’hydrocarbures au Maroc.

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