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Changement climatique : au Soudan, l'art traditionnel du henné menacé

Une Indienne se fait décorer la main au henné à la veille de la fête hindoue de Teej, à Allahabad, en Inde, le samedi 3 septembre 2016.   -  
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Rajesh Kumar Singh/Copyright 2016 The AP. All rights reserved.

Soudan

Au Soudan, la pénurie d'eau, le changement climatique et trois années de guerre menacent la culture du henné, une plante utilisée pour produire le colorant qui embellit les mariées soudanaises depuis des siècles. Les femmes soudanaises s’accrochent à la tradition sacrée du henné nuptial, alors même que les conditions météorologiques font peser un risque sans précédent sur cette pratique.

« Le henné soudanais est une forme de parure et une carte de visite mondiale pour les femmes soudanaises. C’est une caractéristique distinctive de leur identité. Il représente des coutumes et traditions ancestrales héritées de nos ancêtres. C’est un pilier culturel et un symbole de la féminité. », a déclaréOmnia El Sayyed, propriétaire d’un salon de beauté à Al-Damer.

Ce rite de passage vieux de plusieurs siècles est gravement perturbé, des champs agricoles aux salons de beauté.

Les difficultés économiques aggravées par la guerre et l’effondrement de l’agriculture font que l’approvisionnement s’amenuise et que les coûts montent en flèche.

« Avant la guerre, nous exportions notre production depuis Omdurman vers des destinations du monde entier. Depuis la guerre, nos produits sont exportés via l’Égypte. Les exportations directes via le Tchad sont rares en raison des routes bloquées. », a expliquéMohamed Ramadan, propriétaire d’une usine de henné.

Pour les agriculteurs, l’irrigation des cultures est devenue totalement imprévisible. Les cultivateurs locaux de henné, comme Abdullah Mohammed dans le nord du Soudan, rapportent que l’eau arrive à des intervalles incroyablement longs et vient à manquer complètement pendant les périodes cruciales de croissance.

« L’accès à l’eau est le principal obstacle qui limite notre production et provoque la sécheresse. L’eau arrive à de longs intervalles et vient à manquer justement au moment où nous en avons le plus besoin. « Nous exhortons les autorités à se pencher sur la question de l’irrigation et à veiller au déblayage et à l’entretien des canaux. », a indiqué Abdallah Mohammed, cultivateur de henné.

Dans la culture soudanaise, le henné n’est pas seulement un produit cosmétique ; il revêt une profonde dimension spirituelle et sociale. C’est un rite de passage essentiel et un symbole de l’union conjugale.

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