République démocratique du Congo
L'épidémie d'Ebola en République démocratique du Congo (RDC) progresse à un rythme inquiétant, au point de dépasser les capacités de la riposte sanitaire, alertent les organisations humanitaires présentes sur le terrain.
Selon le Centre africain de contrôle et de prévention des maladies (Africa CDC), plus de 1 000 décès avaient été enregistrés au 22 juillet. De son côté, le ministère congolais de la Santé fait état de 2 473 cas confirmés et 999 morts depuis le début de l'épidémie.
Près de 90 % des infections sont concentrées dans la province de l'Ituri, dans le nord-est du pays. Toutefois, le virus s'est désormais propagé à cinq provinces, dont celle de la Tshopo où se trouve la ville de Kisangani, faisant craindre une extension de l'épidémie.
Les acteurs humanitaires dénoncent une situation de plus en plus difficile. Dans plusieurs zones reculées, les équipes sanitaires ne parviennent plus à identifier et suivre les personnes ayant été en contact avec les malades, une étape pourtant essentielle pour freiner la transmission du virus.
L'insécurité complique également les opérations. Les combats opposant l'armée congolaise aux rebelles du M23 soutenus par le Rwanda, ainsi qu'aux combattants des Forces démocratiques alliées (ADF), affiliées au groupe État islamique, ont provoqué d'importants déplacements de populations, favorisant la propagation de la maladie.
À ces difficultés s'ajoute une grève des personnels de santé, dont les salaires ne sont plus versés.
"Si les équipes de surveillance ne travaillent pas faute de paiement, la riposte est incomplète. Or, les six piliers de la lutte contre une épidémie doivent tous être opérationnels pour l'arrêter", souligne Trish Newport, responsable humanitaire chez Médecins sans frontières.
Des patients pris en charge trop tard
Les équipes médicales constatent que de nombreux malades arrivent dans les centres de traitement à un stade très avancé de la maladie.
"Beaucoup arrivent déjà inconscients et décèdent peu après leur admission", déplore Trish Newport.
L'éloignement des structures de santé et les retards de diagnostic réduisent considérablement les chances de survie des patients.
Des modélisations réalisées par les Centers for Disease Control and Prevention (CDC) des États-Unis estiment que, dans le pire des scénarios, cette flambée pourrait atteindre une ampleur comparable à celle qui avait frappé l'Afrique de l'Ouest entre 2014 et 2016, faisant plus de 11 000 morts.
L'Organisation mondiale de la santé (OMS) a déclaré cette épidémie urgence de santé publique de portée internationale en mai 2026.
Les experts estiment que les premiers cas pourraient remonter à février, mais la circulation du virus n'aurait pas été immédiatement identifiée, les premiers tests ayant ciblé une autre souche d'Ebola.
L'épidémie actuelle est causée par le virus Ebola-Bundibugyo, contre lequel il n'existe à ce jour ni vaccin homologué ni traitement spécifique, compliquant davantage les efforts de lutte contre la maladie.
01:42
ONU : António Guterres appelle à la fin du pillage des ressources naturelles
01:47
L'Union africaine alerte sur la crise du financement de la santé
00:10
L'ONUSIDA appelle à un "changement radical" face à la réduction des aides
00:57
Ebola : le Canada suspend l'entrée d'étrangers qui ont séjourné en RDC
01:14
Nigeria : l'UNICEF en soutien aux initiatives pour les mères et les enfants