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Comment l’IA révolutionne et divise l’industrie musicale de la Sierra Leone

Joseph Koroma, producteur, Sierra Leone, Africanews   -  
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Joseph Koroma, producteur, Sierra Leone, Africanews

Sierra Leone

Depuis plus de vingt ans, Joseph Koroma, plus connu sous le nom de Nashito Kulala, façonne les tubes qui font danser la Sierra Leone.

Producteur chevronné, il a bâti sa réputation sur le talent, la patience et des nuits blanches en studio. Mais aujourd’hui, un nouvel acteur entre en scène : l’intelligence artificielle (IA). Entre opportunités inédites et craintes légitimes, comment les artistes sierra-léonais naviguent-ils cette révolution technologique ?

Pour Nashito Kulala, l’IA n’est pas une menace, mais un allié. « La meilleure façon d’utiliser l’IA, c’est de l’intégrer pour soutenir et enrichir les idées des artistes ou des producteurs », explique-t-il. « Cela rend le travail plus rapide, la vie plus facile. Il faut l’accepter. » En effet, les outils d’IA permettent désormais de : générer des instrumentales en quelques clics, améliorer la qualité sonore sans coût exorbitant, expérimenter avec des styles musicaux variés, même avec des ressources limitées. Pourtant, tous ne partagent pas cet enthousiasme.

« Ma voix, c’est mon identité » : les craintes des artistes

Tracy Jac-During, chanteuse et auteure-compositrice, s’interroge : « Ma voix, ce n’est pas qu’un son. C’est mon identité, mes expériences, ma culture, mes racines. L’originalité, c’est ce qui nous rend uniques. » Son inquiétude est partagée par de nombreux artistes : et si l’IA permettait de reproduire leur voix ou leur style sans leur consentement ?

Comme le souligne Eric Kawa, correspondant d’Africanews, « la question n’est pas seulement technologique, mais aussi juridique. Si l’IA peut reproduire une voix à la perfection, à qui appartient cette performance ? Et surtout, qui doit être rémunéré ? » À ce jour, les lois sur le droit d’auteur peinent à suivre le rythme de l’innovation, laissant les artistes dans l’incertitude.

Theodore Rogers, praticien de l’IA, encourage les artistes à saisir cette opportunité : « Ils devraient adopter cette technologie, l’utiliser de manière éthique pour se construire un public et se positionner dans l’industrie. »

Pour Saraphina Hannah Turay, animatrice radio et mélomane, la musique reste avant tout une question d’âme : « La musique guérit. Écouter un son généré par IA… je n’y adhère pas. » Son avis reflète celui de nombreux fans : l’émotion et l’authenticité restent des critères incontournables.

Alors que l’IA s’impose dans les studios du monde entier, les artistes sierra-léonais font face à un défi majeur : utiliser la technologie sans perdre l’essence même de leur art. Comme le résume Eric Kawa : « Le vrai débat, ce n’est plus de savoir ce que l’IA peut faire, mais comment la société choisit de l’utiliser. »

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