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Un quatrième groupe de personnes expulsées des États-Unis arrive en Eswatini

Eswatini, septembre 2025.   -  
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Eswatini

Les États-Unis ont expulsé mercredi une douzaine de personnes vers l'Eswatini, selon un avocat américain spécialisé dans l'immigration et des sources locales.

Il s'agit de la dernière expulsion en date vers ce pays répressif d'Afrique australe. Les personnes expulsées n'étaient pas originaires d'Eswatini, conformément à l'accord sans précédent de « pays tiers » conclu par Washington, qui a conduit à l'envoi de personnes du monde entier vers ce pays. Une enquête de l’AFP a révélé que les États-Unis avaient proposé des accords de plusieurs millions de dollars et menacé d’imposer des restrictions en matière de visas afin de convaincre des pays d’accueillir des personnes expulsées, dans le cadre de la vaste campagne de répression menée par le président Donald Trump en matière d’immigration. Alma David, une avocate américaine spécialisée en droit de l’immigration et familière avec certains des dossiers des personnes expulsées, a déclaré que 11 personnes avaient été envoyées en Eswatini, dont au moins deux bénéficiant d’une protection juridique qui, selon les défenseurs des droits, devrait les mettre à l’abri de l’expulsion. Une source locale a estimé ce nombre à neuf. Leurs nationalités n’étaient pas connues, mais une autre source a indiqué que ces détails seraient révélés lors de leur enregistrement demain matin. L’Eswatini a déjà accueilli 19 personnes expulsées depuis juillet 2025.

Deux d’entre eux un Jamaïcain et un Cambodgien ont été rapatriés, mais 17 sont toujours détenus dans une prison de haute sécurité, sans avoir été inculpés. Une source gouvernementale, s’exprimant sous couvert d’anonymat, a indiqué qu’un convoi officiel s’était rendu à l’aéroport international principal « pour prendre en charge et accueillir de nouveaux expulsés américains ». ICE Flight Monitor, un service de suivi affilié à l’organisation à but non lucratif Human Rights First, a identifié deux petits avions qui ont décollé mardi de l’État américain de Louisiane, dans le sud du pays, ont fait le plein au Sénégal, puis ont atterri en Eswatini mercredi après-midi. L’agence américaine de l’immigration et des douanes (ICE) n’a pas répondu à une demande de commentaire. - « Profondément abusif »

L’Eswatini, dernière monarchie absolue d’Afrique, a confirmé l’année dernière avoir reçu environ 5,1 millions de dollars des États-Unis pour accueillir ces personnes expulsées. Selon un document révélé par Human Rights Watch et consulté par l’AFP, l’Eswatini a accepté d’accueillir 160 personnes expulsées en échange de fonds destinés à renforcer ses capacités en matière de gestion des frontières et des migrations. L’Eswatini, anciennement connu sous le nom de Swaziland, est dirigé par le roi Mswati III depuis 1986. Son gouvernement a été accusé de violations des droits de l’homme et Amnesty International a qualifié ce programme d’expulsion de « profondément abusif ». Au cours de son second mandat, Donald Trump a élargi le champ des personnes susceptibles d’être expulsées, ciblant celles qui bénéficiaient de protections juridiques leur permettant, sous les administrations précédentes, de vivre et de travailler aux États-Unis par crainte de persécutions dans leur pays d’origine. Washington a fait valoir que, d’un point de vue juridique, seule l’expulsion directe de ces personnes vers leur pays d’origine lui est interdite. Alors que des pays comme l’Eswatini ont détenu indéfiniment les personnes expulsées par les États-Unis, d’autres pays, tels que le Ghana, ont rapidement renvoyé vers leur pays d’origine les personnes expulsées qu’ils avaient accueillies.

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