Eswatini
Amnesty International a dénoncé vendredi comme illégale la récente expulsion de 11 personnes des États-Unis vers l’Eswatini, accusant l’administration du président Donald Trump de mettre en œuvre une politique migratoire « cruelle et raciste ».
Le groupe est arrivé mercredi dans ce petit royaume d’Afrique australe. Il s’agit du quatrième contingent de migrants transférés dans le pays depuis juillet dernier, dans le cadre d’un accord de 5 millions de dollars conclu entre Washington et Mbabane.
« Les autorités de l’Eswatini doivent cesser de faciliter ces transferts illégaux », a déclaré Flavia Mwangovya, directrice régionale adjointe d’Amnesty International pour l’Afrique de l’Est et l’Afrique australe.
Avec cette nouvelle arrivée, le nombre de personnes expulsées des États-Unis et actuellement détenues en Eswatini atteint 29. Ces transferts s’inscrivent dans une série d’accords conclus entre Washington et plusieurs pays africains pour accueillir des migrants expulsés vers des pays tiers.
Selon des sources locales citées par l’AFP, dix des personnes transférées sont originaires de pays africains, tandis qu’une autre vient d’Amérique du Sud.
Dans son communiqué, Amnesty International estime que ces expulsions s’inscrivent dans « les politiques anti-immigrés cruelles et racistes de l’administration Trump » et appelle les États-Unis à « mettre immédiatement fin à cette politique illégale et à démanteler la machine de détention et d’expulsion de masse ».
Les autorités de l’Eswatini ont indiqué qu’elles entendaient renvoyer les personnes expulsées vers leur pays d’origine. Un ressortissant jamaïcain et un ressortissant cambodgien, arrivés lors de précédents transferts, ont déjà été rapatriés.
Dernière monarchie absolue du continent africain, l’Eswatini a confirmé avoir reçu environ 5,1 millions de dollars des États-Unis pour accueillir jusqu’à 160 migrants expulsés. Selon Human Rights Watch, le Rwanda aurait conclu un accord similaire, d’une valeur de 7,5 millions de dollars, portant sur l’accueil de 250 personnes.
D’autres migrants expulsés par les États-Unis ont également été envoyés en République démocratique du Congo, en Ouganda ou encore au Soudan du Sud, pays toujours marqué par un conflit armé.
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