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RDC : MSF alerte sur des "lacunes dangereuses" face à l'épidémie d’Ebola

Un ambulancier se tient près d'un patient suspecté d'être atteint d'Ebola, allongé dans une ambulance, dans un centre de soins à Bunia, au Congo, ce lundi 15 juin 2026.   -  
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République démocratique du Congo

Des « lacunes dangereuses » continuent de compromettre la lutte contre l’épidémie d’Ebola qui sévit en République démocratique du Congo, a averti lundi Médecins Sans Frontières (MSF).

Selon l’organisation humanitaire, malgré le renforcement de la riposte depuis la déclaration officielle de l’épidémie le 15 mai, la propagation du virus demeure préoccupante et son ampleur réelle reste inconnue.

« Un mois après, l’épidémie d’Ebola prend le pas sur les efforts de lutte », a déclaré Kate White, coordinatrice médicale d’urgence de MSF en RDC. « Personne ne connaît l’ampleur réelle de l’épidémie ni ne sait exactement où la maladie se propage. »

D’après les derniers chiffres de l’Organisation mondiale de la santé, 782 cas confirmés, dont 181 décès, ont été enregistrés en RDC. Dix-neuf cas supplémentaires, dont deux mortels, ont également été signalés en Ouganda voisin. Pour MSF, ces chiffres ne reflètent probablement qu’une partie de la réalité.

L’organisation souligne que les centres de traitement de la province de l’Ituri, épicentre de l’épidémie, sont débordés. De nombreux patients arrivent à un stade avancé de la maladie sans avoir été identifiés auparavant comme cas contacts, compliquant davantage les efforts de contrôle de la transmission.

La souche Bundibugyo du virus, responsable de l’épidémie actuelle, ne dispose à ce jour ni de vaccin homologué ni de traitement approuvé. La maladie s’est principalement propagée dans l’Ituri, mais des cas ont également été détectés dans les provinces du Nord-Kivu et du Sud-Kivu.

Le dépistage, l’un des principaux points faibles de la riposte

Selon MSF, l’insécurité persistante dans plusieurs zones touchées entrave l’accès aux communautés affectées et ralentit les opérations de surveillance. Même dans les régions relativement stables, les dispositifs de détection des cas, de traçage des contacts et de suivi de la transmission restent insuffisants.

Le dépistage constitue l’un des principaux points faibles de la riposte, estime Kate White. Malgré l’arrivée de kits de tests mobiles adaptés à la souche Bundibugyo et le renforcement des capacités de laboratoire, de nombreuses communautés n’y ont toujours pas accès. Les centres de traitement continuent par ailleurs de subir d’importants retards dans l’obtention des résultats d’analyse.

Dans le Nord-Kivu, un seul laboratoire est actuellement en mesure d’analyser les échantillons sanguins, une situation qui limite fortement la rapidité de la réponse sanitaire.

« Sans des tests plus rapides et plus largement disponibles, nous aurons du mal à détecter les cas suffisamment tôt pour contenir l’épidémie », a averti la responsable de MSF.

Depuis cinquante ans, le virus Ebola a causé la mort de plus de 15 000 personnes en Afrique. En RDC, l’épidémie la plus meurtrière avait fait près de 2 300 morts entre 2018 et 2020. Les spécialistes redoutent aujourd’hui que la flambée actuelle ne prenne une ampleur comparable à celle qui avait frappé l’Afrique de l’Ouest en 2014, avec plus de 28 000 cas et 11 000 décès.

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