Ghana
Le premier vol transportant des ressortissants ghanéens évacués d’Afrique du Sud en raison des tensions anti-immigrés a atterri à Accra.
26 personnes qui avaient été emprisonnées par les autorités sud-africaines pour violation de visa ont été accueillies mercredi par le ministre des Affaires étrangères ghanéen et des chants patriotiques diffusés à plein volume par les haut-parleurs de l’aéroport.
Au total, quelque 800 Ghanéens devraient quitter l’Afrique du Sud, après qu’Accra a organisé des vols de rapatriement en réponse à une vague de manifestations et de violences visant les étrangers en situation régulière et irrégulière dans le pays.
EXTRAIT 4 – Ghanéen rapatrié (homme, 23 sec) : « J’ai un salon aménagé dans un conteneur de 40 pieds. Le conteneur a été cambriolé une fois et, lorsque ces attaques ont commencé, on a forcé le conteneur et tout a été pillé. J’ai essayé de vendre mon salon, mais je n’ai pas trouvé d’acheteur. Je suis parti et je me suis enfui, car tant qu’on est en vie, on a tout. J’ai donc perdu mon salon. », a confié un des hommes rapatriés.
L'Afrique du Sud, l'économie la plus industrialisée du continent, est depuis longtemps une destination pour les travailleurs africains, qu'ils soient en situation régulière ou non. Mais, confrontée à un taux de chômage de plus de 30 %, elle a connu des vagues répétées de manifestations xénophobes, y compris une recrudescence de la violence ces dernières semaines. Une vidéo virale montrant l’agression présumée d’un Ghanéen a suscité l’indignation en se répandant largement sur les réseaux sociaux.
« Le président Mahama dit que vous devriez tous recevoir deux allocations spéciales. Une allocation de transport, pour vous rendre là où vous vivez, là où se trouvent vos foyers, et ensuite une allocation de réintégration, une aide spéciale. », a déclaré Samuel Okudzeto Ablakwa, ministre des Affaires étrangères aux ressortissants ghanéens arrivés à Accra mercredi.
L'Autorité sud-africaine de gestion des frontières a indiqué qu'environ 90 % des voyageurs étaient sans papiers, la « plupart » ayant dépassé la durée de validité de leur visa de plus de 30 jours, « tandis que certains l'avaient dépassée d'un an ou plus ».
Le haut-commissaire du Ghana en Afrique du Sud a toutefois critiqué les autorités sud-africaines pour les retards dans le traitement des demandes d'immigration de ceux qui cherchent à renouveler leur permis.
Ces dernières tensions ont ravivé des débats délicats à travers l’Afrique sur la xénophobie, la migration et le fossé entre la rhétorique panafricaine et les réalités auxquelles est confrontée la migration sur le continent.
L’ultimatum lancé par un groupe citoyen exigeant l’expulsion des migrants en situation irrégulière avant le 30 juin a fait craindre des violences, après les épisodes de troubles anti-immigrés du passé qui ont coûté la vie à des dizaines de personnes.
Au début du mois, plusieurs centaines de personnes originaires de pays tels que la République démocratique du Congo, le Rwanda et la Somalie ont cherché refuge dans la ville portuaire de Durban, dans l’est du pays, affirmant que des habitants faisaient du porte-à-porte pour leur dire de partir avant cette date.
Le gouvernement sud-africain a déclaré qu’il renforçait les mesures de contrôle à l’encontre des immigrants sans papiers, mais a exhorté les citoyens à ne pas se faire justice eux-mêmes.
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