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Le Ghana rejette un accord sanitaire proposé par les États-Unis

Le président ghanéen John Dramani Mahama au « Sommet One Health » à Lyon, en France, le mardi 7 avril 2026.   -  
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Christophe Petit Tesson/Pool Photo via AP

Ghana

Le Ghana a mis fin aux négociations d’un accord bilatéral de santé avec les États-Unis, en raison de désaccords majeurs sur l’accès aux données personnelles de ses citoyens, selon des sources proches du dossier citées par Reuters et l’AFP.

Ce refus constitue un nouveau revers pour l’administration de Donald Trump, engagée dans une refonte de sa politique d’aide extérieure.

Selon ces sources, les autorités ghanéennes, conduites par le président John Dramani Mahama, ont jugé inacceptables les clauses américaines exigeant un accès à des données sanitaires sensibles. Les discussions, entamées en novembre dernier, portaient sur un financement de 109 millions de dollars sur cinq ans, destiné notamment à la lutte contre le VIH/sida, le paludisme et la tuberculose.

Washington aurait exercé une pression croissante à l’approche de l’échéance fixée au 24 avril, selon les mêmes sources. Le Ghana a finalement notifié son refus à l’administration américaine.

Ce blocage s’inscrit dans une dynamique plus large de tensions entre les États-Unis et plusieurs pays africains autour de la protection des données. Des accords similaires ont échoué ou ont été suspendus, notamment au Zimbabwe et au Kenya, où un tribunal a gelé la mise en œuvre d’un partenariat pour des raisons comparables.

Le dispositif s’inscrit dans la nouvelle stratégie américaine dite “America First Global Health Strategy”, portée par l’administration de Donald Trump, qui vise à réduire la dépendance à l’aide internationale traditionnelle. Cette politique s’est accompagnée du démantèlement de l’agence USAID et de la signature annoncée de 32 accords de santé représentant 20,6 milliards de dollars, selon le Département d’État américain.

Washington affirme vouloir promouvoir une transition vers l’autosuffisance sanitaire des pays partenaires, tout en maintenant des financements conditionnés à des co-investissements locaux. Le Ghana, qui avait reçu environ 219 millions de dollars d’aide américaine en 2024, dont une part importante dédiée à la santé, apparaît ainsi en décalage avec cette nouvelle doctrine.

Le Département d’État américain a confirmé ne pas commenter les détails des négociations bilatérales, tout en réaffirmant sa volonté de “renforcer le partenariat” avec Accra. Côté ghanéen, aucune réaction officielle n’a été obtenue à ce stade.

Selon l’AFP, le financement proposé s’inscrivait dans un contexte de durcissement des conditions américaines, déjà critiquées par plusieurs États africains pour leur atteinte potentielle à la souveraineté numérique. Des accords de même nature ont toutefois été signés avec une quinzaine de pays du continent, dont le Kenya et le Nigeria, parfois à des montants nettement supérieurs.

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