Mali
Des coups de feu ont secoué samedi plusieurs quartiers de ce pays d'Afrique de l'Ouest de la capitale Bamako notamment à Kati, où réside le général Assimi Goïta, chef de la junte, ont indiqué à l'AFP des témoins et une source sécuritaire.
Des combats ont également été entendus à Gao, la principale ville du nord, et à Sévaré, au centre de ce pays enclavé. Le Mali est en proie à un conflit djihadiste depuis plus d’une décennie et l’armée a pris le pouvoir à la suite de deux coups d’État en 2020 et 2021. Depuis 2012, le pays est confronté à une crise sécuritaire liée aux attaques menées par des groupes terroristes affiliés à Al-Qaïda et à l’État islamique, ainsi que par des groupes criminels locaux et des séparatistes. Selon des sources concordantes, les affrontements opposent le Front de libération de l’Azawad (FLA), actif dans la capitale et à Kidal (nord), le groupe terroriste JNIM (Jama’at Nusrat al-Islam wal-Muslimin), qui a ciblé la base militaire de Sévaré.
Plusieurs vidéos sur les réseaux sociaux indiquent que de vastes zones de Kidal sont tombées ce matin sous le contrôle du FLA, avec un repli des forces armées maliennes. Les villes de Kati, Gao et Mopti sont également la cible de ces attaques, plongeant le pays dans une crise sécuritaire majeure.
Recrudescence d'attaques terroristes
Le gouvernement militaire, à l'instar de ses homologues du Niger et du Burkina Faso voisins, a rompu ses liens avec l'ancienne puissance coloniale, la France, et plusieurs pays occidentaux, afin de se rapprocher politiquement et militairement de la Russie. Le groupe russe Wagner, qui combattait aux côtés des forces maliennes contre les terroristes depuis 2021, a annoncé la fin de sa mission en juin 2025 et est devenu l'Africa Corps, une organisation placée sous le contrôle direct du ministère russe de la Défense.
La junte a réprimé les opposants et dissous les partis politiques. Elle s’était engagée à remettre le pouvoir aux civils d’ici mars 2024, mais en juillet 2025, elle a accordé à Goïta un mandat présidentiel de cinq ans, renouvelable « autant de fois que nécessaire » et sans élection. Depuis septembre, les terroristes du Groupe de soutien à l'islam et aux musulmans, une filiale d'Al-Qaïda connue sous son acronyme arabe JNIM, attaquent des convois de camions-citernes, paralysant la capitale Bamako au plus fort de la crise en octobre. Malgré plusieurs mois de calme, les habitants de Bamako ont été confrontés à une pénurie de diesel en mars, le carburant étant réservé en priorité au secteur énergétique.
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